Dans Call me by your name, Luca Guadagnino s’était lancé le pari de filmer la naissance de l’amour, la floraison du désir. Il avait plongé – et nous avec lui – dans le désordre sentimental adolescent avec une sincérité bouleversante. C’est de cette sincérité, presque naïve mais surtout bornée, que manque Bones and all.
Bertrand Bonello dédie à sa fille adolescente un film sur le courage, plus précisément celui qu’il était nécessaire d’avoir pendant le confinement. Thématique de laquelle le cinéma n’avait pas encore eu le temps de s’emparer mais, au fond, a-t-on vraiment envie qu’il le fasse ? N’avons-nous pas déjà tout vu et tout entendu sur cette période de pandémie ? Détrompez-vous, vous n’avez jamais rien vu tel que Coma.
À Zingaro, le bois et la terre résistent encore et toujours face au goudron et au béton d’Aubervilliers. Dans le foyer, les spectateurs se réunissent pour assister à ce deuxième volet du Cabaret de l’Exil ; au programme whisky et Baileys.
En Polynésie, le Haut-Commissaire de la République est confronté à des tensions grandissantes lorsque des rumeurs de nouveaux essais nucléaires se propagent. De Roller est un tampon entre le peuple indonésien et l’État Français : le premier lui réclame des informations que le second n’a pas daigné lui donner. Son ignorance se transforme alors en inquiétude. Un complot ? Peut-être.
La mort soudaine de l’acteur Chadwick Boseman annonçait la fin précipitée de son personnage, Black Panther. Dans ce deuxième opus de la saga à succès, les pontes des studios Marvel ainsi que les habitants du Wakanda lui cherchent un digne successeur…
« A lot of this really happened » s’écrit en lettres blanches au début du nouveau film de David O. Russell, une fantaisie d’abord bienvenue qui prend finalement la forme d’une certaine désinvolture de l’auteur face à son sujet et provoque l’ennui.
Après une carrière d’actrice, Eva Husson se lance dans la réalisation. Mothering Sunday est son troisième long-métrage et premier en langue anglaise. À l’occasion du festival du film britannique, à Dinard, nous avons pu rencontrer la réalisatrice afin d’évoquer ses aspirations et ses inspirations lors de la création du film.
C’est un film très littéraire : les dialogues sont nombreux et la littérature joue un rôle primordial dans l’histoire ; comment s’est déroulé son écriture ?
C’est effectivement l’adaptation d’un roman par Alice Burch, qui a écrit le scénario. J’ai fait des études littéraires donc ce caractère littéraire était aussi important pour moi. J’ai reçu le scénario alors que je tournais une série d’action pour Amazon et je n’en pouvais plus ! Quand j’ai lu le scénario et ai vu cette qualité littéraire dans l’écriture de l’histoire mais aussi des personnages, ça m’a fait beaucoup de bien. En plus, comme ce sont des personnages anglais, il y a tout ce rapport aux non-dits, aux choses en creux, qu’on arrive pas à exprimer. J’avais perdu mon père peu de temps avant et cette histoire me permettait de parler du deuil, de manière littéraire, ce qui me correspondait un peu plus qu’une série d’action…
Dans le film, la question du deuil est intrinsèquement liée à l’époque de l’après guerre, pourquoi ce thème vous a-t-il touchée et inspirée ?
Quand j’ai fini le scénario, je me suis rendue compte que cela faisait écho à plein de choses de ma vie. En fait, je crois qu’on devient artiste, réalisateur ou écrivain pour ne pas devenir fou. C’était des choses qui m’habitaient et que j’avais besoin d’explorer. Le film me permettait d’explorer sans m’exposer. Après avoir lu le roman, j’ai pleuré pendant quinze minutes et je me suis dit que si j’étais dans cet état là, cela voulait dire que j’avais besoin de faire ce film. Que ça touchait quelque chose en moi que j’avais besoin de partager avec d’autres. Je crois beaucoup au travail de la réalisatrice comme d’une passeuse d’émotions. Le cinéma est le seul médium où si l’on fait bien son travail, on arrive à montrer aux autres le monde tel qu’on le sent. C’est quand même assez dingue comme possibilité de travail, c’est un grand luxe.
Ce passage d’émotions s’effectue également en collaboration avec les acteurs, comment s’est fait le casting du film ?
En Angleterre, après la Première Guerre mondiale, le mode de vie aristocrate parait superflu, presque abstrait. Les riches familles du pays ont perdu de nombreux fils. Malgré tout, les vivants essayent d’aller de l’avant ; et au sein de ces familles, Jane, une bonne, et Paul, le fils cadet, sont amoureux.
« J’aimais éperdument la comtesse de *** ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes ». Louis Malle a 26 ans lorsqu’il réalise LesAmants, inspiré du roman bref de Dominique-Vivant Denon. Le jeune homme a déjà connu un franc succès avec Ascenseur pour l’échafaud et, du film noir au drame romantique, il n’y a qu’une main. Le noir des gants de Julien Tavernier laisse place au blanc des draps de Jeanne Tournier.
Dinard a du Royaume-Uni le climat mais aussi parfois, pendant une semaine en septembre, les films. Les équipes et leurs œuvres traversent la manche, de la côte britannique jusqu’à la côte bretonne. Cette année avait lieu la 33ème édition du festival du film britannique et nous y étions.