Jodorowsky’s Dune

2016

Jodorowsky's Dune, visuel VOD.

Genèse d’un fantasme.

De 1973 à 1977, Alejandro Jodorowsky prépare l’adaptation de Dune, le best-seller de Frank Herbert. Ce sera le projet de sa vie, d’une ambition artistique démesurée. Mais il manque 5 millions de dollars pour le financer et aucun studio n’ose se lancer dans un tel projet. Destiné à révolutionner l’histoire de la science-fiction, il ne verra jamais le jour.

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Call Me By Your Name

28 février 2018

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Timothée Chalamet (Elio) et Armie Hammer (Oliver)

Call me by your name c’est le film indépendant qui ne passe pas inaperçu : des critiques dithyrambiques, une série de nominations, notamment au Festival International du Film de Toronto ou aux Golden Globes, et même déjà pressentie comme grand favori aux Oscars. Alors qu’est ce qui fait du film de Luca Guadagnino la révélation de l’année :

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Le Grand Jeu

Actuellement en salles

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Jessica Chastain, impériale dans Le Grand Jeu (Molly’s Game) d’Aaron Sorkin ©SND

L’histoire vraie de Molly Bloom a tout d’une fiction. Championne de ski acrobatique de haut niveau, elle arrête le sport après plusieurs blessures, puis devient l’assistante personnelle d’un millionnaire capricieux et tyrannique. Très vite, elle décide d’organiser elle-même des parties de poker : les plus importantes personnalités du show-business et du monde des affaires vont se retrouver autour de sa table, misant des sommes astronomiques. Elle devient alors la plus grande organisatrice de tournois de poker privés aux Etats-Unis, jusqu’à son arrestation par le FBI en 2013…

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Corps et âme

2017

Le directeur d’un abattoir et une nouvelle employée se rendent compte qu’ils font le même rêve : dans une forêt enneigée, près d’un lac, ils se rencontrent sous l’apparence d’une biche et d’un cerf. Pourtant, sur leur lieu de travail, ils peinent à communiquer. Maria est froide, inadaptée à son environnement social, et Endre pas assez sûr de lui pour faire le premier pas. Mais grâce à cette rencontre mentale, à priori inconsciente, la fusion des corps s’envisage.

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Take Shelter

2011

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Dès l’ouverture du film, Curtis LaForche (Michael Shannon) contemple avec crainte des nuages noirs. Tandis que tombe une étrange pluie ocre, un vol d’étourneaux évoque Les Oiseaux d’Hitchcock : le ciel devient très vite menaçant dans le regard de cet homme. Il mène une vie tranquille dans une zone rurale de l’Ohio, un état où se déchaînent régulièrement d’impressionnants cyclones. Les cyclones, voilà justement l’obsession maladive de Curtis. Et de plus en plus fréquemment, sa peur lui cause de violents cauchemars. « Ce n’est pas qu’un rêve, c’est un sentiment », assène-t-il avec croyance. Au cours d’un déjeuner, il annonce à sa famille qu’il va réhabiliter leur abri anti-tempête. Le shelter du titre devient le seul espace dans lequel il parvient à se projeter, s’enfermant progressivement dans sa paranoïa…

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A Ghost Story

2017

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Casey Affleck (C) et Rooney Mara (M)

Le film écrit et réalisé par David Lowery avait fait sensation au festival de Deauville, remportant, entre autre, le prix du Jury et le prix de la critique. Tourné en format carré avec un grain d’image qui donne l’impression d’assister à un film familial personnel, le film créé une atmosphère intimiste pour insister sur l’aspect matériel du souvenir. David Lowery raconte l’histoire d’un jeune couple qui emménage dans une maison, et la symbolique que ce lieu prend lorsque le mari meurt subitement et vient le « hanter » sous forme de fantôme.

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L’Usine de rien

2017

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L’équipe du film le 25 mai 2017 à Cannes © Victorien Daoût

Pour éviter d’être licenciés, des ouvriers décident d’occuper leur usine qui se démantèle sous leurs yeux. Mais la direction disparaît soudainement, les laissant sans directive. Dans un espace qui perd tout son sens lorsque le travail humain disparaît mais où il est possible de le réinventer, s’entrevoit alors une ample et convaincante réflexion sur la place de l’individu dans le monde du travail. Le film porte un discours clairvoyant sur le capitalisme, alors qu’il aurait pu être affaibli par sa durée (presque trois heures). C’est parce que le réalisateur Pedro Pinho et ses acteurs, dont certains jouent leur propre rôle, utilisent un cocasse mélange des genres pour pointer les dérives d’une société déconstruite par la crise économique. Drame social, interviews façon documentaire et même comédie musicale, L’Usine de rien à l’ambition d’être l’entreprise de tout. C’est la singularité et la pertinence de ce film déconcertant qui lui a valu, au même titre que 120 battements par minute, le prix de la critique internationale au dernier festival de Cannes.

L’Usine de rien / De Pedro Pinho / Avec José Smith Vargas, Carla Galvao / 13 décembre 2017