Nino dans la nuit

Actuellement au cinéma

© Haut et Court

J’ai pas besoin de prier le ciel pour savoir que nous ça ira, j’ai besoin de prier pour tout le reste. Alors quand mes paupières se ferment plusieurs fois sous ta main, j’adresse aux astres une lettre qui dicte l’alignement souhaité pour tous les jours qui viennent. Monnaie, monnaie, monnaie. Avant de sombrer dans un monde où tout est possible, et qui demain encore fera le réveil triste.  – Capucine Azaviele et Simon Johannin, Nino dans la nuit, 2019, éd. Allia

L’amour permet d’adoucir la vie des plus démunis dans la capitale. Si Paris est l’incarnation d’un romantisme bohème, y habiter relève parfois d’une bataille quotidienne.

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A pied d’œuvre

Actuellement au cinéma

© Diaphana Distribution

Adapté du roman de Franck Courtès, A pied d’œuvre raconte la précarité du métier d’écrivain. Bastien Bouillon y incarne Paul Marquet, un homme de bonne famille, lui-même père de deux enfants. Quand il plaque la photographie et devient écrivain, Paul s’appauvrit de jour en jour, alors que l’avance versée par son éditeur s’amincit d’heure en heure.

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Hamlet

Théâtre de l’Odéon

© Jan Versweyveld

Comme à son habitude, Ivo Van Hove a privé le plateau de tout ce qui le rendait plein. Il redessine une scène sur la scène et en laisse voir les contours, béants. Chez Van Hove, la théatralité a quelque chose de verticale : exit les décors modulaires qui se déplacent d’un côté à l’autre de la scène, mais place aux éléments qui lui coulent dessus (l’eau dans Vu du pont, 2015) ou qui sortent de son sol (la boue dans Electre / Oreste, 2019). Dans Hamlet, même les rideaux qui bordent le plateau ne se séparent pas horizontalement, ils tombent ou sont arrachés du plafond. 

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Wicked : For Good

Actuellement au cinéma

© Universal Pictures

Retour à la cité d’Émeraude : après avoir découvert la supercherie du magicien d’Oz, Elphaba défie la gravité et part se réfugier dans des contrées plus éloignées, à l’Ouest… Alors que le premier opus mettait en avant un message politique certes louable mais aussi éculé, le second se construit autour d’un enjeu narratif plus spécifique : la désinformation. Le propos – naïf mais nécessaire – demeure le même : ne pas se fier aux apparences. Cependant, dans ce volet, son exploitation gagne en densité.

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Running Man

Actuellement au cinéma

© Paramount Pictures

Comment fabriquer un héros d’action en 2025 ? C’est la question que pose ce Running Man revisité par Edgar Wright, trente-huit ans après une première adaptation kitsch et musclée par Paul Michael Glaser, quarante-trois ans après l’œuvre originale de Stephen King. Signé Richard Bachman, alias généralement réservé à ses fictions ancrées dans le réel les plus désespérées, le roman paraissait dans un contexte bien particulier : après une décennie 1970 marquée par la désillusion, le peuple américain retrouvait la foi en ses institutions en catapultant une star de cinéma à la Maison Blanche. L’accession à la présidence de Ronald Reagan en 1981 faisait entrer de plein pied les États-Unis dans le règne de l’image : qu’importe le fond, pourvu que la forme soit suffisamment séduisante pour nous rallier à sa cause. Dans cette nouvelle ère, le cinéma se faisait le vecteur de récits triomphalistes fallacieux, menés par des corps masculins sculptés par le bodybuilding et les stéroïdes, eux-mêmes devenus pures surfaces.

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La rumeur

San Sebastián International Film Festival 2025

© 1961 Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. 

Lorsque Lillian Hellman, à qui le festival de San Sebastián dédie une rétrospective, écrit La rumeur, représenter ou faire allusion à l’homosexualité sur scène est illégal dans l’État de New York. Le réception critique et publique de sa pièce lui permet de braver cette interdiction et de monter l’œuvre à Broadway. En 1936, William Wyler en tourne une version. Mais sous le Code Hays, l’objet de la rumeur (l’homosexualité des deux professeures) est transformée en tromperie hétérosexuelle. C’est seulement en 1961 que Wyler pourra réaliser une nouvelle adaptation et un remake de son propre film, reprenant cette fois les thèmes originels de l’œuvre d’Hellman. 

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Nuremberg

Actuellement au cinéma

© Scott Garfield

Dans Nuremberg, James Vanderbilt retrace les événements qui mènent au procès historique. Ce qui intéresse principalement le cinéaste ce sont les échanges (fictifs) entre les prisonniers nazis et un psychiatre envoyé par l’armée américaine pour étudier leur comportement et éviter toute tentative de suicide. Un programme alléchant que Nuremberg réduit rapidement et efficacement à néant. 

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Le cri des gardes

San Sebastian International Film Festival 2025

© Les films du Losange

Dans Le cri des gardes, Claire Denis adapte le Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Les quelques idées formelles que la cinéaste propose relèvent d’avantage de la scénographie que de la mise en scène. Si le théâtre de Koltès est éprouvant, Le cri des gardes l’est aussi, mais dans un autre registre. 

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Limonov, la ballade

Actuellement au cinéma

©  Pathé Films

Qui de mieux que Kirill Serebrennikov pour mettre en scène un homme au bord de la folie ? Plutôt que de s’enliser sur les sentiers rebattus du biopic traditionnel pour évoquer la vie d’Edouard Limonov, Serebrennikov emprunte un chemin de traverse par lequel il construit un portrait parcellaire et protéiforme. Guidé par une énergie punk, le cinéaste signe une ballade libre, fidèle à son acception poétique et qui puise dans cet art son esthétique surréaliste marquée par une utilisation inspirée et fascinante du collage d’images et de sons, du rythme et de la collision de différents régimes d’images.

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Emmanuelle

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

En 1974, Just Jaeckin adapte Emmanuelle, le roman d’Emmanuelle Arsan. Il fait de son héroïne une jeune cruche craquante, qui n’a d’autres désirs que de satisfaire ceux des hommes. Sous couvert de réflexions philosophiques (entre deux scènes de viol, Alain Cuny disserte sur la différence entre sexe et érotisme), le film propose un univers fantasque où tout n’est que fantasme. En 1974, on jouit de tout, avec tout et sur tout. 

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