Le Daim

Au cinéma le 19 juin 2019

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Jean Dujardin et Adèle Haenel @Diaphana

Au départ, le film s’annonce comme le récit d’un changement de vie presque anodin, l’histoire d’un type qui plaque tout et prend la route… mais le bouleversement de la vie de Georges prend une tournure bizarre dès lors qu’il tente de faire disparaître sa veste dans les toilettes d’une aire d’autoroute. Son changement de vie devient soudain changement de peau, il part à la rencontre d’un vendeur qui lui cède l’objet de son désir et le déclencheur de son obsession : une veste en daim.

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Matthias et Maxime

Au cinéma le 16 octobre 2019

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Gabriel D’Almeida Freitas et Xavier Dolan sont Matthias et Maxime ©Shayne Laverdiere

Le temps d’un week-end, des amis se retrouvent dans un chalet situé au bord d’un lac. Les discussions vont bon train, les nuits sont longues, la bande est heureuse de se réunir. Parmi le petit groupe de trentenaires se trouvent Matthias et Maxime, à qui l’une de leurs amies demande de remplacer les deux acteurs du court-métrage qu’elle réalise. Ils acceptent, avant d’apprendre que leur scène consiste en un baiser. Un baiser qui ne nous sera pas montré, mais qui ravive un désir enfoui chez les deux amis d’enfance.

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Nuestras Madres

En VOD le 11 juin 2020

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©Pyramide Distribution

La sortie de Tremblements en mai 2019 plaçait le Guatemala au cœur de l’actualité cinématographique. Quelques semaines plus tard, la Semaine de la critique du Festival de Cannes mettait à l’honneur un autre film venu de ce pays d’Amérique centrale, où seules des initiatives individuelles peuvent permettre l’émergence d’un cinéma national. César Díaz, documentariste et monteur de Tremblements et Ixcanul, les deux films de son compatriote Jayro Bustamante, situe l’histoire de Nuestras Madres au Guatemala en 2018, alors que la guerre civile menée par des militaires a meurtri la population. Le nombre de disparus est immense, et un jeune anthropologue, Ernesto, s’occupe de l’identification des corps. Bientôt, il se met en tête de retrouver son père, un ancien guérillero dont il a perdu la trace.

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Parasite

Au cinéma le 5 juin 2019 / Rétrospective Palme d’or

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©The Jokers / Les Bookmakers

  Le cinéma du sud-coréen Bong Joon-ho a toujours investi les genres avec une éblouissante maîtrise formelle, au service d’un constant plaisir du récit et d’un discours clairvoyant sur son époque : le film policier avec Memories of Murder (2003), la science-fiction avec Snowpiercer (2013) ou encore la fable écologiste avec Okja (2017). Parasite, quant à lui, se trouve à la croisée du drame, du thriller et de la comédie, mêlant admirablement bien l’exercice de mise en scène à la réflexion sociale. Le film oppose deux familles : d’un côté, les Kim, vivant à l’étroit dans un sous-bassement piteux à peine ouvert sur l’extérieur, obligés de se connecter à la wi-fi des voisins et gagnant un peu d’argent en pliant des cartons à pizza ; de l’autre les Park, riches bourgeois habitant une maison d’architecte – le fils est un enfant-roi, les parents ont la naïveté de ceux qui n’ont jamais manqué de rien. Le point de contact entre ces deux familles que tout oppose intervient par l’intermédiaire du fils des Kim, à qui un camarade propose de le remplacer pour donner des cours d’anglais à la fille des Park. Il fabrique un faux diplôme (ce qui lui vaut les éloges de son père), et obtient son passe-droit pour pénétrer dans la demeure ultra-moderne. Le jeu d’imposture et le duel de classes peut commencer.

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Rencontre avec : Henri Guybet

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Le comédien Henri Guybet ©Le Pays d’Auge/JeanMichelG

  « Si je devais retenir quelques films parmi ceux que j’ai fait ? Ils sont tous à garder parce qu’ils m’ont tous apporté quelque chose. Par contre, il y en a un que je n’ai jamais fait et que j’aimerais essayer, une fois peut-être, pour voir ce que ça fait… Un rôle très bien payé ! » C’est avec humour et bienveillance qu’Henri Guybet se prête au jeu de l’interview et jette un regard rétrospectif sur sa vie d’acteur. Rieur et joyeux, à 82 ans, le comédien est encore très actif : ce soir, il monte sur la scène du théâtre Daunou à Paris, après une longue tournée en province, pour interpréter une pièce écrite et mise en scène par ses soins, Un drôle de mariage pour tous, qui raconte l’histoire de deux amis qui décident de se marier, à la perplexité de leur entourage. Nous le rencontrons avant que ne soient frappés les trois coups. « La scène, c’est l’endroit où je vis. Lorsque j’entre en scène, j’existe. L’art dramatique détient ce pouvoir inouï d’émouvoir. Au lieu d’essayer de vous convaincre ou de vous raisonner, il vous chatouille l’épiderme et fait marcher votre sensibilité. Il vous fera peut-être même rêver. Et en rêvant, on réfléchit parfois beaucoup mieux. » Heureux de continuer à monter sur scène quatre fois par semaine, Henri Guybet, dont la façon de parler porte en elle l’éloquence de l’acteur de théâtre, se sent chez lui sur les planches, comme depuis ses débuts. Il se souvient de sa première fois. «J’avais environ 16 ans lorsque j’ai créé une troupe amatrice avec des copains. Notre premier spectacle était un spectacle de commedia dell’arte, j’interprétais Arlequin… Dans notre imaginaire, nous étions particulièrement fasciné par Les Enfants du paradis, le film extraordinaire de Marcel Carné. Nous recréions des scènes, j’étais Pierre Brasseur, un copain faisait Jean-Louis Barrault et une copine était notre Arletty. C’était mes premières émotions. Je me suis aperçu que quelque chose se passait devant les spectateurs… alors j’ai commencé à me dire qu’il fallait que j’en fasse un métier. »

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Cœurs ennemis

Au cinéma le 1er mai 2019

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Keira Knightley dans Cœurs ennemis ©Twentieth Century Fox

En 1946, à Hambourg, un officier anglais (Jason Clarke) chargé de la reconstruction de la ville dévastée par les bombardements est rejoint par sa femme (Keira Knightley). Arrivée dans la grande demeure que son mari a réquisitionné, celle-ci constate que la maison est encore habitée par le propriétaire des lieux, un architecte allemand (Alexander Skarsgård), qui y vit avec sa fille. Cette cohabitation forcée, qui instaure une réticence initiale, laisse bientôt place à des sentiments plus troubles…

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Tremblements

Au cinéma le 1er mai 2019

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Juan Pablo Olyslager dans Tremblements ©TuVasVoir – François Silvestre de Sacy

  Après son premier film Ixcanul sorti en 2015, qui racontait l’histoire d’une jeune fille maya oppressée par les traditions de sa communauté, le cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante poursuit l’auscultation des injustices de son pays natal. Dans Tremblements, c’est un homme qui se retrouve cadenassé par la mentalité d’une société discriminante. Au mysticisme vaporeux qui embrumait les paysages volcaniques d’Ixcanul succède l’obscurité des intérieurs bourgeois de Guatemala City, où la vie de Pablo, marié et père de deux enfants, bascule. Tandis que dehors s’abat une pluie battante, augure d’un tremblement de terre, la famille de Pablo s’est réunie. Sa femme, sa mère, son frère, sa belle-famille, tous l’attendent, dévastés comme s’ils venaient d’apprendre un décès. Pour eux, c’est tout comme : Pablo entretient une relation avec un homme.

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Quand Fellini rêvait de Picasso

La Cinémathèque française

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  « Maintenant, à chaque fois que je vois un tableau de Picasso, je me sens immédiatement une espèce de complicité, je suis complètement emporté, bouleversé, par la richesse, la force, le bonheur, l’esprit, la vie qui en émanent. Picasso est un peintre totalement, absolument libre », disait Fellini en 1995. Le réalisateur de La Strada ne pouvait se prêter à l’exercice de l’admiration qu’envers un créateur à l’univers aussi unique que le sien, à l’œuvre aussi pléthorique que la sienne. C’est sur cet angle insolite que la Cinémathèque a choisi de bâtir sa nouvelle exposition semestrielle, proposant un dialogue original entre Pablo Picasso (1881-1973) et Federico Fellini (1920-1993).

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Rencontre avec : Virginie Bruant

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Pour la sortie de Mon inconnue, le troisième film d’Hugo Gélin, nous avons rencontré Virginie Bruant, la monteuse du film.

Comment êtes-vous devenue monteuse pour le cinéma ?

Après le bac, j’ai fait un BTS audiovisuel avec option montage, et j’ai commencé à travailler très rapidement. D’abord en documentaire, puis j’ai rencontré une monteuse qui faisait du long-métrage et j’ai été son assistante pendant neuf ans. À l’époque, il y avait un système de carte du CNC qui exigeait un certain nombre d’assistanats avant de devenir chef monteuse. Maintenant que cette carte n’existe plus – elle allait contre le droit du travail -, les monteurs viennent d’horizons très divers. J’ai fait également de nombreuses publicités, c’est un exercice que j’aime bien car il permet de faire des expérimentations, d’apprendre à saisir l’essence même d’une narration en 25 ou 15 secondes. C’est fou ce qu’on peut raconter en si peu de temps ! À l’échelle d’un long-métrage, ça peut être utile pour voir ce qui est essentiel ou non à l’intérieur d’une séquence. Les montages de formats courts et ceux de longs-métrages sont des expériences assez complémentaires.

Lorsque vous lisez un scénario, à quoi êtes vous attentive en premier ?

Principalement à l’histoire et au casting qui incarnera les personnages, qui donnera une couleur au ton du film. En effet, il faut que le ton me plaise. Si un scénario de comédie ne me fait pas rire à la lecture ou si je ne suis pas émue par l’histoire, il me sera difficile d’aider le réalisateur à l’épauler dans son travail pour rendre le film le mieux possible. Au montage, on se retrouve seule avec le film et le réalisateur alors il faut que le film me parle, c’est primordial.

Mon inconnue est une comédie romantique. Est-ce que certains modèles du genre ont pu influencer la forme du film ?

Oui, il y avait des références comme Un jour sans fin et les comédies romantiques anglo-saxonnes, Coup de foudre à Notting Hill ou Love Actually. Hugo Gélin recherchait un équilibre entre la comédie pure et le côté romantique. La directrice artistique du film et plusieurs membres de l’équipe avaient mis en commun des références visuelles sur un album partagé, ce qui permettait de s’imprégner de l’ambiance du film. Avant un tournage, j’aime beaucoup être présente à la lecture technique du scénario avec tous les chefs de poste du film, lorsqu’on l’épluche ligne après ligne en soulignant toutes les problématiques. C’était notamment important pour moi de savoir ce qui se ferait en trucages sur le tournage et en effets spéciaux en post-production. Par exemple, la neige est pour l’essentiel créée numériquement. C’était un gros travail d’effets spéciaux qu’il me fallait anticiper. C’est un film qui était très dense à l’écriture. Le premier montage faisait 2h40 ! Il y a eu 10 semaines de tournage et 2h30 de rushes par jour… ce qui est beaucoup ! Normalement, on est autour de 1h30 par jour maximum… Il a fallu trouver des solutions pour réduire la durée du film sans en affecter la continuité narrative et le rythme global. Pour la séquence du générique qui raconte les 10 ans de vie commune de Raphaël et Olivia, il y avait beaucoup de matière et nous tenions à ce que les images montées dans cette première partie ne soient pas les mêmes que celles montées dans les flashbacks de la fin pendant le concert. Pour un plan qui est monté à peine une seconde dans le film, il y a parfois une heure de rushes à regarder !

La vision que vous vous faites du film n’est pas forcément la même que celle du réalisateur. Comment délimiter votre part de création ?

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Dumbo

Au cinéma le 27 mars 2019

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Eva Green dans Dumbo © 2019 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved / Jay Maidment

Les récentes productions de Disney n’enchantent guère, choisissant de faire des remakes en live-action de leurs succès d’antan au lieu de rechercher de nouvelles histoires et des univers originaux. C’était le cas, récemment, de La Belle et la Bête (Bill Condon, 2017), du Livre de la jungle (Jon Favreau, 2016) ou, bientôt, du Roi Lion (du même Jon Favreau). Dumbo semblait appartenir à cette lignée, mais c’était compter sans la patte d’un véritable auteur, Tim Burton, que l’on retrouve avec joie.

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