Après Moi, Daniel Blake, Palme d’or en 2016, qui mettait en avant les conséquences de l’austérité politique britannique sur la gestation des services sociaux, Ken Loach s’empare de la question de l’uberisation. Toujours en prise avec les inégalités que le libéralisme et le capitalisme ont laissées s’installer, le cinéaste anglais dénonce ce qui étouffe encore un peu plus les classes ouvrières. Sa colère ne s’amenuise pas, et elle est toujours aussi communicative.
Hors Normes raconte le quotidien de deux associations prenant en charge les cas d’autisme les plus complexes, et qui ont pour particularité d’employer comme éducateurs des jeunes en réinsertion. Olivier Nakache et Eric Toledano, huit ans après Intouchables, parlent à nouveau du handicap à travers une comédie humaniste portée par l’énergie du groupe et de la mixité sociale, mais ils ratent le coche par un excès de lieux communs.
Troisième film du duo Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard, L’Angle Mort fait partie de ces propositions inattendues dont le cinéma français a toujours besoin. Avec peu de moyens et beaucoup d’originalité, il relit le mythe de l’homme invisible à travers le parcours de Dominick, un employé d’une boutique de guitares qui possède ce don depuis l’enfance. Un pouvoir d’invisibilité que beaucoup chériraient, mais dont il se sert peu, à part pour épier les autres. Avec l’âge, il le fait d’ailleurs de moins en moins. À quoi bon être invisible si notre présence passe déjà inaperçue aux yeux de tous ?
Cela fait déjà 24 ans que le cinéma l’Arlequin, situé au cœur du 6e arrondissement de Paris, est devenu un rendez-vous incontournable pour découvrir le cinéma allemand à travers des films inédits. Durant une semaine, une douzaine de longs-métrages sont projetés, dont beaucoup ont été aperçus dans les sections parallèles du festival de Berlin. L’éducation (Benni), la religion musulmane (Oray), le mariage forcé (Juste une femme), le poids des crimes de guerre dans le présent (L’Affaire Collini), les films aux thèmes ancrés dans la société allemande prédominaient, donnant à lire, avec plus ou moins de réussite, un certain état d’esprit de la création contemporaine outre-Rhin. Et cela devient si rare qu’il faut le saluer : les séances sont précédées par des courts-métrage, formats dans lesquels résident, souvent, le plus d’inventivité.
Après 25 ans de vie commune avec Richard (Benjamin Biolay), Maria (Chiara Mastroianni) quitte le domicile conjugal lorsque son infidélité, qu’elle assume et prend même pour une évidence, est découverte. Elle part occuper la chambre 212 de l’hôtel situé juste en face de leur appartement. Cette chambre qui porte le numéro de l’article du code civil sur le devoir de fidélité des époux projète Maria dans un temps de cinéma, celui qui peut faire renaître les figures du passé.
Comment le réalisateur de la trilogie Very Bad Trip a-t-il bien pu remporter le Lion d’or à la Mostra de Venise, succédant ainsi à Roma d’Alfonso Cuarón ? Il faut croire qu’une filmographie peut prendre des détours inattendus et donner lieu à un heureux événement. Todd Phillips en est la preuve, responsable de l’un des films les plus attendus de la rentrée. S’emparant de la figure du Joker, le pire ennemi de Batman, il imagine ses origines et raconte, surtout, la plongée stylisée d’un homme dans la folie.
« Sigmund Freud a inventé la psychanalyse […]. Alejandro Jodorowsky a inventé la psychomagie. » Ainsi s’ouvre en toute humilité le nouveau film du cinéaste chilien, un documentaire consacré à la discipline qu’il a fondée et qu’il exerce depuis, au moins, les années 1980. À la différence de la psychanalyse, la psychomagie prend la forme d’une thérapie qui passe par les actes. Quelques exemples : un homme en colère contre sa famille va frapper des citrouilles sur lesquelles sont placées les photos de ses parents, avant de leur envoyer les morceaux par la poste ; une femme dont le conjoint s’est suicidé sautera en parachute… Une façon d’extérioriser les traumatismes et de se libérer des blocages psychologiques, pour accéder à un niveau supérieur de la conscience.
Des événements étranges surviennent à Bacurau, village très pauvre perdu au milieu du nord-est du Brésil. Que font ces cercueils sur le bord de la route ? Et ces deux voyageurs qui arrivent pour demander à boire en toute innocence, alors qu’un camion-citerne vient d’être criblé de balles ? Il y a aussi ce drone, qui semble surveiller les faits et gestes des habitants… Ces quelques ingrédients, parmi d’autres, laissent poindre une terrible menace sur l’existence recluse des villageois, à qui l’on coupe l’accès à l’eau et, bientôt, à toute possibilité de communiquer avec l’extérieur.
Michael Engler, qui avait réalisé quelques épisodes de Downton Abbey, retrouve pour ce film le scénariste de la série Julian Fellowes. L’intrigue se situe immédiatement après le dernier épisode de la sixième saison : la famille royale, à l’occasion d’un tour du Yorkshire, s’apprête à séjourner à Downton Abbey. C’est donc en pleine effervescence que nous retrouvons la famille Crawley et leurs domestiques, ainsi que quelques nouveaux personnages.
Dans un futur proche, fait « d’espoirs et de conflits », l’astronaute Roy McBride (Brad Pitt) est convoqué par ses supérieurs pour une mission classée secrète : afin d’empêcher la multiplication d’explosions qui menacent la Terre, il doit se rendre aux confins du système solaire, au niveau de Neptune, d’où proviendraient les incidents cosmiques. Là-bas, il devra aussi envoyer un message vers le vaisseau du « Projet Lima » où son père (Tommy Lee Jones) a disparu seize ans plus tôt alors qu’il cherchait à vérifier l’existence d’une vie extraterrestre.