Rencontre avec : Henri Garcin

Henri Garcin, Fanny Ardant
Henri Garcin et Fanny Ardant dans La Femme d’à côté de François Truffaut (1981) ©Arte

  « À mon âge, on rit de beaucoup de choses », s’exclame Henri Garcin d’un air enjoué. Il est là, chez lui, dans son appartement du 6e arrondissement de Paris. Un prélude de Chopin s’échappe de son ordinateur. La pièce principale donne envie de s’y éterniser, pour observer tous les détails : un intérieur rempli de livres, des murs tapissés d’affiches et de photos d’acteurs et d’actrices, amis, aimés ou admirés. Ici, chaque objet semble avoir quelque chose à dire. Tous parlent d’Henri Garcin, ce garçon né de parents hollandais, le dernier d’une fratrie de cinq enfants qui a décidé à 20 ans de quitter le foyer familial pour vivre de cinéma et de théâtre à Paris. En février dernier, deux mois avant son quatre-vingt dixième anniversaire, l’acteur s’est raconté dans une autobiographie, intitulée avec malice Longtemps, je me suis couché tard : l’occasion de le rencontrer et de replonger avec lui dans ses souvenirs, ceux d’un certain âge d’or du cinéma et du théâtre français. Il revient sur sa carrière, oscillant entre la nostalgie d’une époque révolue et le bilan heureux de quatre-vingts dix ans de vie, en posant un regard volontiers lucide et souvent amusé.

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The Pluto Moment

Prochainement au cinéma

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L’équipe de The Pluto Moment à Cannes ©Victorien Daoût

Ming Zhang s’est inspiré d’une expérience vécue lors d’une randonnée, il y a 10 ans, pour imaginer The Pluto Moment, qui met en scène l’errance d’un réalisateur et de son équipe lors de repérages dans les montagnes chinoises. Soumise au hasard et aux aléas naturels, l’ambulation des personnages se prolonge progressivement en une quête mystique, motivée par le désir d’entendre et de capter le « récit des ténèbres », un chant traditionnel entonné après la mort d’un individu. Si cet enjeu dramatique n’atteint pas le stade de l’envoûtement, il y a, dans ce film qui montre le cinéma comme une recherche infinie, un questionnement pertinent sur le regard de l’artiste – cela passe par le pathétisme du héros réalisateur, qui devrait arriver à voir ce que les autres ne voient pas, ou encore cet étonnant changement de point de vue final avec la jeune paysanne.

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Sicario

Au cinéma le 7 octobre 2015

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Josh Brolin (Matt Graver) et Jeffrey Donovan (Steve Forsing) © Lionsgate

Si à première vue Sicario semble être un film américain sur les cartels parmi tant d’autres, dès les premières secondes, le spectateur sent que quelque chose de plus sombre l’attend. « In Mexico, Sicario means hitman. » s’affiche sur l’écran en lettres blanches, puis tout s’enchaîne.

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Woman at war

Au cinéma le 4 juillet 2018

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©Pandora Film

Halla, la cinquantaine, est une guerrière singulière. Professeur de chant dans la vie, elle mène en parallèle un combat qui fait d’elle une dissidente poursuivie dans toute l’Islande par des drones et des hélicoptères : armée d’un arc, l’activiste s’attaque aux lignes électriques qui alimentent les usines d’aluminium, responsables de la pollution des sols du pays.

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Come as you are, the miseducation of Cameron Post

Au cinéma le 18 juillet 2018

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©Condor Distribution

C’est un fait méconnu et stupéfiant : dans plus de 40 états américains, 70 000 adolescents sont envoyés tous les ans dans des établissements pour suivre des « thérapies de conversion ». Il s’agit de détourner les jeunes homosexuels de ce péché suprême qui consiste à aimer une personne du même sexe que le sien… En somme, tout le contraire de ce à quoi invite le titre du beau film de Desiree Akhavan, Come as you are (« viens comme tu es »). Au début des années 1990, après avoir été surprise en train d’embrasser la fille dont elle est secrètement amoureuse, Cameron Post (Chloë Grace Moretz) est envoyée dans un de ces camps, au beau milieu de la Pennsylvanie, afin de la voir « guérir ». Alors qu’elle arrive à un moment charnière de son existence, lorsque gagner en maturité passe par l’affirmation de son identité sexuelle, l’héroïne entre rapidement en conflit avec la thérapie qu’on cherche à lui imposer, décidée à vivre et à aimer librement.

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Manifesto

Au cinéma le 23 mai 2018 / Rétrospective Cate Blanchett

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Cate Blanchett, exceptionnelle, endosse treize rôles dans ce surprenant film concept ©Haut et court distribution

À l’origine, ce film n’est pas destiné au cinéma : il s’agit d’une installation exposée dans les musées d’art contemporain, qui diffusait simultanément sur treize écrans les scènes des différents personnages incarnés par Cate Blanchett. Si le montage conçu par l’artiste allemand Julian Rosefeldt pour les salles obscures fait perdre à l’œuvre la force qu’elle puisait dans la liberté de déplacement laissée au spectateur, il fait néanmoins place à un étonnant et passionnant film-concept.

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Sans un bruit

Au cinéma le 20 juin 2018

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John Krasinski ( Lee Abbott) et Noah Jupe (Marcus Abbott) © Paramount

Sans un bruit c’est l’histoire d’un monde post-apocalyptique dans lequel les survivants doivent rester silencieux afin de ne pas être repérés par les différents monstres qui rôdent. On suit alors la vie de parents qui tentent de protéger leur enfants, que l’arrivée d’un nouveau né met en danger. Le film de John Krasinski, qui a fait l’objet de critiques très positives depuis sa sortie à l’international, est très attendu en France.

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Désobéissance

Au cinéma le 13 juin 2018

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«Whenever I’m alone with you
You make me feel like I am free again»… ©Mars Films

Ronit (Rachel Weisz), photographe à New York, retrouve pour quelques jours et après des années d’absence la communauté juive orthodoxe londonienne dans laquelle elle a grandi : son père, rabbin, vient de mourir. Sa vie new-yorkaise l’a considérablement éloignée des moeurs de la communauté, et sa présence que personne ne semblait attendre crée le trouble. Elle revoit pour cette occasion le fils spirituel de son père (Alessandro Nivola), désormais marié à Esti (Rachel McAdams), avec qui elle a vécu une histoire passionnée avant son départ définitif…

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Le Limier

Sur Arte le 28 mai 2018

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Après le tournage de Cléopâtre, Mankiewicz avait déclaré qu’il ne réaliserait plus qu’un film avec deux acteurs dans une cabine téléphonique. C’est presque chose faite avec Le Limier, huis-clos avec lequel il termine volontairement sa carrière (il meurt vingt ans plus tard). Dans cet ultime film, le réalisateur d’Ève et Jules César resserre son terrain de jeu cinématographique à l’extrême, à la limite de la théâtralité. Le Limier est une tragédie en trois actes. Trois coups de théâtre, un lieu, deux personnages. L’un est un écrivain reconnu et bourgeois, l’autre est un coiffeur issu d’une famille d’immigrés italiens. Andrew Wike (Laurence Olivier) et Milo Tindle (Michael Caine) se rencontrent pour la première fois mais se connaissent pour une simple (mais déconcertante) raison : Milo vient demander à Andrew la permission d’épouser sa femme Marguerite dont il est l’amant. Pourquoi devaient-ils se rencontrer ? Andrew a invité Milo dans sa somptueuse demeure pour lui proposer un marché : simuler un vol de bijoux. Milo les revendra et pourra alors répondre aux goûts luxueux de sa nouvelle compagne, et Andrew empochera l’argent de l’assurance.

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Leto

Au cinéma le 5 décembre 2018

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©Kinovista/Bac Films

Sur une plage, des jeunes dansent autour d’un feu. Ils chantent, échangent, improvisent des refrains sur leurs guitares. Une euphorie de musique et de liberté à laquelle se joint un garçon de 19 ans : Viktor Tsoï, aux faux airs de Jimmy Page et Jim Morrison, qui s’apprête à devenir une légende du rock soviétique au moment de la pérestroïka. On est à Leningrad, en 1981, et les élans créatifs de la jeunesse sont freinés par l’austérité régnante, l’anti-américanisme et la censure. Face à cela, Viktor, véritable icône nationale (il est encore très aimé aujourd’hui en Russie), romantique et amoureux de musique, incarne avec Mike, rocker qui le prend sous son aile, à la fois son influence et son rival, et Natasha, leur muse, tous incarnés avec grâce et charisme, une génération pressée d’exister et décidée à ne jamais cesser de s’exprimer.

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