Prison de cristal est un film rare, embrassant l’histoire d’un ancien tortionnaire nazi, Klaus, obligé de rester enfermé dans une machine lui permettant de respirer, après s’être jeté du haut d’un toit, par remords, peut-être. Il a violenté et violé des enfants, dont l’un d’eux se présente chez lui bien des années plus tard, sous le rôle d’un infirmier.
Dans un village perdu dans les replis des montagnes espagnoles, Ana et sa bande de copains passent l’été dans la fièvre des légendes qui hantent l’imaginaire. Ils s’ennuient, s’aiment, se désirent, fument – beaucoup -, alternent entre fêtes improvisées dans des bars aux lumières bleues-pourpres et désœuvrement. Au loin se murmure la promesse d’une tempête qui menace de faire déborder la rivière réveillant la croyance selon laquelle une jeune femme, toute de blanc vêtu, aurait disparue après que le fleuve l’eut désirée amoureusement. Ana, dont la famille, de mère en fille, demeure maudite, selon les dires des habitants, craint la montée des eaux, redoute que le liquide transparent de la rivière n’entre en elle.
Comédie absurde sur deux femmes prises dans la crise économique en Espagne, le premier film d’Amalia Ulman est un petit condensé d’humour noir. Leo, jouée par la réalisatrice, est revenue de Londres et de ses études de stylisme pour retrouver sa mère Maria, jouée par Ale Ulman, après la mort de son père. Les deux femmes, habituées à un train de vie fastueux, mais désormais sans travail – et sans volonté d’en trouver un – continuent à vivre comme si de rien n’était alors que les ressources se raréfient. On aurait tendance à dire que la pauvreté est un fait économique ; elles vous répondraient que ce n’est qu’un état d’esprit auquel elles ne s’abaisseront pas.
Le dernier long-métrage de Fernando León de Aranoa s’ancre dans l’univers professionnel pour mettre en scène la vie d’une entreprise. Les rapports hiérarchiques sont au cœur de cette comédie grinçante et subtilement écrite dans laquelle Julio Blanco (Javier Bardem) dirige une société qui fabrique… des balances. Le réalisateur des Lundis au soleil et de Escobar retrouve Bardem pour une tragicomédie qui a cette année, mais il en a l’habitude, décroché toutes les distinctions à la cérémonie des Goya (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur acteur, meilleure musique originale et meilleur montage).
Abuela réalisé par Paco Plaza – réalisateur de la saga horrifique à succès REC – et écrit par Carlos Vermut – auteur acclamé lors du festival de San Sebastian de 2015 pour son film La Nina de Fuego – sort en salle le 6 avril. L’affiche pouvait laisser présager un long métrage intéressant, servi à l’écriture par un scénariste éclectique issu de la BD et par un réalisateur dont la recette horrifique pouvait faire mouche. À cela s’ajoutait le sujet, la relation entre une grand-mère mourante et sa petite fille dans la fleur de l’âge, qui pouvait promettre une certaine originalité.