Soudain

Actuellement au cinéma

© Cinefrance Studios / Diaphana Distribution

Avant toute chose, il y a l’adverbe soudain. Aussitôt prononcé qu’il nous échappe. Bref et imprévisible, c’est dans sa disparition qu’il se révèle. En somme, soudain c’est le Temps qui frappe. Ryusuke Hamaguchi, avec la patience d’un peintre, le traque jusque dans ses moindres retranchements. Sa caméra observe les fluctuations de lumière, les corps épuisés de Marie-Lou (Virginie Efira) et Mari (Tao Okamato) en constante lutte avec le présent qui les use. Leur rencontre a quelque chose de Rivette, de la légèreté du hasard. Elle se déroule sur les hauteurs d’une butte (celle du Chapeau-Rouge) d’où l’on voit l’étalement de la capitale et ses rues qu’elles arpenteront minutieusement, avec une précision de géographe. Tomoki, jeune homme atteint de trouble psychique, sert de relai aux deux femmes. Un soir, en rentrant du travail, Marie-Lou (directrice d’un EHPAD) s’abrite avec lui d’une pluie estivale sous les branches d’un arbre. Affolés, Mari (metteuse en scène) et Goro (comédien et grand-père de Tomoki) les retrouvent alors que la pluie se calme. Hamaguchi, en disposant ainsi arbitrairement Mari et Marie-Lou dans le même cadre, fait éclore un échange qui se poursuivra tout le long du film. Une discussion qui, comme tout grand dialogue, se meut en pensée ; permet de mieux voir et saisir le monde.

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Le Mal n’existe pas

Actuellement au cinéma

© Diaphana Distribution

Pour Takumi, homme à tout faire du village de Mizubiki, récolter l’eau de source est une tâche minutieuse. Se rendre à la rivière, remplir soigneusement quelques bidons puis les ramener péniblement à la voiture, le tout dans un silence imperturbable. La tâche est reproduite deux fois au cours du Mal n’existe pas, nouveau-né de Ryusuke Hamaguchi : une première avec son ami cuistot, qui utilise l’eau pour cuisiner ses udon, puis une seconde avec deux agents de communication, venus présenter le projet de glamping, s’installant prochainement dans la région. Dans cette répétition somme toute anodine, Hamaguchi distille la mécanique sournoise de ce nouveau long-métrage.

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