La vie d’une femme

Actuellement au cinéma

© Pyramide distribution

Lorsque sur les hauteurs des Alpes italiennes Erri De Luca, qu’une « immensité de temps » sépare de sa naissance, affirme que son unique propriété est le langage, il souligne l’aspect fondamental du cinéma de Charline Bourgeois-Tacquet. Dans ses films, le langage est un bien que certains possèdent (les écrivaines Frida et Émilie, un éditeur, une thésarde ; une certaine classe sociale en somme) et assènent (dans La vie d’une femme, Gabrielle dirige tout de sa voix, ses collègues, ses relations, ses opérations de chirurgie). Les autres, les laissés-pour-compte, n’ont pas voix au chapitre. Ils subissent le passage de personnages bulldozer (les héroïnes des deux long-métrages de Bourgeois-Tacquet se voient comparées à l’engin) et n’ont d’autres choix que de s’écarter. Alors lorsque Frida, après avoir observé le service de chirurgie de Gabrielle pour un projet de livre, lui déclame sa passion pour elle, la machine s’enraye.

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L’Établi

Au cinéma le 5 avril 2023

© Le Pacte

En 1978 paraissait L’Établi, témoignage d’un militant marxiste infiltrant une usine Citroën à Choisy. Son auteur, Robert Linhart, relatait l’horreur d’un taylorisme acharné pour préparer la déconstruction de tout un système économique oppressif. Quarante-cinq ans plus tard, le réalisateur Mathias Gokalp adapte ce récit d’une actualité toujours aussi glaçante, triste constat d’une révolution avortée.

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Da 5 Bloods

Sur Netflix le 12 juin 2020

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Clarke Peters, Delroy Lindo, Isiah Whitlock Jr., Jonathan Majors et Norm Lewis ©David Lee/Netflix

Placé sous l’égide des discours de paix et de fraternité de Mohamed Ali et de Martin Luther King, le nouveau film de Spike Lee tombe tristement à pic en ce moment. Les violences policières contre lesquelles le monde s’insurge suite à la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai dernier résonnent avec les images d’archives présentées au début du film. Elles sont ici mises en avant pour pointer l’injustice dont font preuve les Etats-Unis à l’égard de leurs soldats Afro-Américains au moment de la guerre du Viêt Nam : ils étaient les premiers au front, et les derniers considérés comme des citoyens. Si leur rôle dans le conflit a été aussi peu traité par le cinéma que par les livres d’histoire, le film s’embourbe dans une narration indigeste qui dessert la force du propos.

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