Portrait d’un couple de jeunes retraités français installés depuis peu dans un petit village de Galice. Olga (Marina Foïs) et Antoine (Denis Ménochet) rénovent leur propriété, cultivent la terre, refusent les OGM ou tout produit chimique de synthèse et vendent le fruit bio de leur labeur au marché : le rêve de tout bobo qui se respecte, en somme. La force de ce film émane du fait que la rudesse et les travers de ce tableau idéaliste d’un anticonformisme devenu à la mode sont dans un second temps mis en exergue.
Tout part d’un fait divers : deux jeunes gens s’égarent dans le désert, un seul s’en sort. De là, Gus Van Sant s’emploie à tisser puis à détisser les liens d’une amitié presque anonyme et muette.
Après Get Out et Us, le réalisateur Jordan Peele est de retour avec un nouveau postulat cauchemardesque sur notre société. Quoi de plus parlant que le cinéma pour dénoncer le culte voué aux images ?
Alors qu’elle s’apprête à quitter Copenhague et son poste de commissaire adjointe pour rejoindre de nouveaux horizons, la disparition inquiétante d’une jeune fille conduit l’enquêtrice Sarah Lund à repousser son départ. Le corps de l’adolescente est bientôt retrouvé ligoté au fond d’un canal et l’enquête s’enlise dans des fausses pistes. Derrière cette intrigue policière somme toute assez commune se cache une série danoise particulièrement bien écrite et réalisée.
3, 2, 1… Bip, bip, bip… En décalage s’ouvre sur un décompte. Apparu pour la première fois en 1929 dans La Femme sur la Lune de Fritz Lang, le compte à rebours sera utilisé, accompagné d’un cercle de rotation et d’un son, afin de servir les projectionnistes pour la synchronisation du son et de l’image dans les salles de cinéma, à l’ère de la pellicule. Le procédé technique est aujourd’hui devenu dans l’inconscient collectif un symbole vintage du médium. Dès lors, nous sommes témoins de la concordance audio et visuelle de l’œuvre de Juanjo Giménez Peña, le temps de notre expérience du film. Le bip régulier est semblable à celui d’un rythme cardiaque que retransmettrait un électrocardiogramme… Les battements de cœur du cinéma ? Cette séquence temporelle précédant le début de l’action – bien qu’à la différence du maître allemand, il n’y ait pas ici de vérifications à effectuer avant le lancement d’une fusée – crée une tension à l’œuvre, nous propulsant ainsi déjà vers les sujets de l’intrigue : le cinéma, le temps et le rapport que l’homme entretient avec eux.
Dans les hautes herbes du parc de leur riche villa athénienne, Mariella et Pavlos découvrent un curieux animal. Le dodo qui s’invite chez eux ne pouvait pas plus mal tomber : à la veille du mariage de leur fille Sofia, ce couple au bord de la ruine ne sait plus où donner de la tête entre ses difficultés conjugales et financières et les derniers préparatifs.
Il est arrivé le blockbuster de l’été, sous l’escorte d’une promo punchy et du plus cool des acteurs cools, Brad Pitt, dont l’aura persistante, voire polie par les ans, a de quoi faire pâlir le dernier Thor et son marteau flétri. Pour rester sur les rails, à chacun sa méthode. Alors qu’un Tom Cruise privilégie l’autocélébration, érigée par delà les cimes dans Top Gun Maverick, Pitt préfère la voie de l’auto-dérision, se railler de soi plutôt que s’aimer soi, une approche qu’il réitère dans Bullet train sous la panoplie de Coccinelle, un assassin loser et angoissé qui doit subtiliser une mallette dans un train à grande vitesse reliant Tokyo à Morioka.
Neil se rend en vacances à Acapulco avec sa sœur et ses deux enfants (que l’on croit d’ailleurs être sa femme et ses enfants). Lorsque leur mère (celle des deux adultes) meurt soudainement, ils doivent écourter leurs vacances paradisiaques pour rentrer en Angleterre. Neil prétexte alors un oubli de passeport afin de rester à Acapulco. Tout comme cet incipit de critique, Sundown met en scène une intrigue tout à fait banale mais aussi bancale, que viennent alourdir de trop nombreuses parenthèses.
On l’avait pas vu venir. Grâce à Capricci, la France découvre avec quelques trains de retard les deux premiers longs-métrages de Tetsuya Mariko, Destruction babies et Becoming Father, sortis respectivement en 2016 et 2018 au Japon, remarqués à l’époque dans plusieurs festivals internationaux. Comme récemment pour le cinéma d’ Hammaguchi, ou plus lointainement les regards de Miike et de Kitano, cet intérêt tardif a l’effet d’une petite bombe et témoigne des ressources toujours vivaces du cinéma nippon. C’est de l’aîné de cette curieuse engeance, récompensé à Locarno ainsi qu’ au Festival des 3 Continents en 2016, qu’il s’agira ici.