Le premier long métrage de Johanna Pykkö plonge le spectateur dans un thriller psychologique dont les codes esthétiques comme narratifs sont bien assimilés, sans pour autant susciter de surprise quant au retournement final, somme toute prévisible.
Sur le tournage de son documentaire précédent, M, Yolande Zauberman capte par hasard – presque par accident – deux jeunes femmes dans une rue. Son compagnon lui apprend que l’une d’entre elles est venue à pied de Gaza jusqu’à Tel Aviv, pour pouvoir vivre sa transexualité. Le film part d’une rumeur, d’une histoire qui porte en elle quelque chose de mystique: les protagonistes (des femmes trans) sont auréolées d’une lumière évanescente, pleine de strass, pareilles à des déesses. La cinéaste s’accroche à cette légende urbaine pour retrouver celle qu’elle nomme désormais la Belle de Gaza.
« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », disait Rimbaud. Le premier film de Michaël Dichter témoigne que l’on est sérieux avant. À treize ans, entre autres, quand on s’appelle Max, Vivian ou Tom, que l’on est en quatrième, et que l’on souhaite partir coûte que coûte en colonie de vacances, durant l’été, quitte à entreprendre un petit trafic de brownies illégal. En soi, ce n’est pas bien grave, ce ne sont que des mensonges enfantins.
« Un match de tennis c’est comme une relation », affirme Tashi Duncan (Zendaya). Mais Luca Guadagnino le filme plutôt comme un rapport : son échauffement, son va et vient – pause, verre d’eau, et on reprend – ses échanges, ses cris et ses points.
Michel Houellebecq et Blanche Gardin qui s’enlacent au ralenti sur une plage des Antilles, l’image ne pouvait naître que de la tête de Guillaume Nicloux, artiste hétérodoxe, sympathisant des insolents. Après Thalasso qui se délectait des frasques de l’auteur sulfureux et de (presque feu) Depardieu, ce troisième volet des tribulations houellebecquiennes nous emmène en Guadeloupe pour un concours de sosies que préside l’humoriste. Une fois débarqués sur l’île, le récit tourne vite en aventure gonzo, enthousiasmante par ses excès et par ce qu’elle postule sur l’humour et la société, mais fatalement assommante, comme la chaleur des Caraïbes après des shots de rhum.
Au début des années 2000, la modeste société de production Blumhouse opère un véritable braquage sur l’industrie cinématographique et son versant horrifique en imposant un modèle économique inédit : des films à très petits budgets, tournés en un temps record et si possible dans un décor unique. L’idée astucieuse est d’ainsi pouvoir multiplier les paris tout en limitant les risques, jusqu’à ce que l’un d’eux se révèle payant. Une vingtaine d’années plus tard, force est de constater que la recette apparait usée, et cet Imaginary est une nouvelle fois l’occasion d’en prendre la mesure.
Dix ans après le remarqué Timbuktu, Abderrahmane Sissako vient dresser le portrait sensible et empreint de poésie d’une jeune femme ivoirienne, Aya, qui émigre en Asie, après avoir dit non le jour de son mariage. On retrouve le thème cher au cinéaste de l’exil, porté par une histoire d’amour entre les deux protagonistes de Black Tea : Cai, chinois d’une quarantaine d’années, gérant d’un magasin de thé, qui enseigne à Aya les règles et coutumes liées à sa préparation et sa dégustation.
Service de réanimation en pédiatrie. Marseille. Karim Dridi suit le quotidien de deux enfants dotés pour l’un d’une malformation cardiaque et, pour l’autre, d’un foie défaillant. On comprend bientôt que chaque cas nécessite une greffe. Le réalisateur prend le parti de ne filmer qu’entre les quatre murs d’une chambre d’hôpital, des couloirs blancs et bleus, dans un huis clos remplit d’amour, et de tendresse.
L’Empire semble exister autour d’une seule image : un croiseur interstellaire posée sur les plages de la côte d’Opale. Déjà amorcée dans Coincoin et les Z’inhumains, cette rencontre entre l’univers de Bruno Dumont et de la science-fiction va ici plus loin, transplantant à la relative simplicité du body-snatcher la démesure du space-opera.
Après un premier volet sans panache, Les Trois Mousquetaires de notre cardinal du cinéma Seydoux poursuivent leur course échevelée sur le sentier de la vacuité. Milady augurait pourtant une suite plus lugubre encore, plus lyrique, plus psychologique, digne de la seconde partie du roman, tragique et vénéneuse. À condition de croire un tant soit peu à l’entreprise, ce qui, devant le pauvre D’Artagnan, paraissait compromis. À condition, surtout, que le duo roublard de scénaristes eût saisi les fondements littéraires et l’épaisseur mélancolique de l’œuvre de Dumas.