La Détention

Festival de Cannes 2026

©  TS Productions

La Détention se présente comme une continuité de La Liberté (premier long-métrage de Guillaume Massart), tant dans la forme du titre que dans son thème. Deux films qui, partant de situations concrètes (le premier nous montre le déroulé d’une formation de surveillant pénitencier, le second explorait une île-prison) se veulent des études sur des concepts  : la détention et la liberté. Ici donc, c’est dans l’École Nationale d’administration pénitentiaire que le cinéaste a posé sa caméra. Dans l’enceinte de ces murs, Guillaume Massart se concentre sur une classe composée d’une dizaine de visages aux réactions aussi variées que leur nombre face à la découverte progressive de leur métier.

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9 Temples to Heaven

Festival de Cannes 2026

© Nour films

Dans l’obscurité, celle-là même qui clôturera le film et s’oppose au noir total, un temple s’allume. D’autres suivront, environ neuf – le film suit d’abord mathématiquement le projet du titre avant de s’en détacher progressivement. Le jour se fait et la lumière, d’un gris brumeux propre à la Thaïlande, envahit le cadre, laissant deviner les personnages. C’est une famille qui, sous l’impulsion du père (et, nous le comprendrons plus tard, des superstitions de son patron), voyage de temple de temple pour faire des offrandes dans l’espoir d’éviter la mort prochaine de l’aînée : une vieille dame malade. Trois générations s’activent dans le périple qui, comme l’Ulysse de Joyce, est une odyssée d’un jour.

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Fatherland

Festival de Cannes 2026

© Agata Grzybowska

Est-ce que Pawel Pawlikowski sait cadrer ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Non.

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Shana

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Une voix-off, étrangement amicale et familière, parsème Shana de ses commentaires. La voix est d’Eva Huault, Shana dans le film, et narre certains des événements que nous voyons – y ajoutant des remarques personnelles et des traits d’humeur. S’adressant à nous comme une amie qui nous raconte une histoire, le franc-parler du personnage s’y retrouve. Mais cette voix-off fait davantage que de nous placer dans la confidence, elle cherche à créer un effet de réel. Shana, le film, est ponctué de toutes parts de ces effets. Lila Pinell vient du documentaire. Elle y a fait ses classes et y a rencontré, en chemin, Eva Huault. De là est né le personnage de Shana – prolongement de l’actrice et de la cinéaste – déjà au centre du Roi David (précédent film de la réalisatrice), moins riche en ornements scénaristiques, plus sec et, en cela, peut-être plus intéressant.

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Teenage sex and death at Camp Miasma

Festival de Cannes 2026

© Festival de Cannes 2026

Avec son nouveau film, Teenage Sex and Death at Camp Miasma, Jane Schoenbrun poursuit et approfondit le geste esthétique et politique amorcé dans We’re All Going to the World’s Fair puis dans I Saw the TV Glow en faisant du cinéma le genre le lieu d’une archéologie intime des identités queer, des images qui les façonnent et des formes contemporaines de dissociation. Mais là où ses précédents films baignaient encore dans une mélancolie numérique presque spectrale, Camp Miasma ouvre un territoire plus sensuel, plus impur et plus incarné. Un slasher fiévreux et nocturne traversé autant par l’effroi que par le désir. 

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La Frappe

Actuellement au cinéma

© Ad Vitam

La Frappe. C’est le titre du premier long-métrage de Julien Gaspar-Oliveri, et la sensation qu’on a en le voyant. Un coup sec, maîtrisé, efficace. 

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Quelques jours à Nagi

Festival de Cannes 2026

© 2026 Nagi Notes Film Partners / Survivance / Momo Film Co.


Dans son précédent long-métrage Love on Trial, Koji Fukada mettait en scène des idoles japonaises contraintes, par contrat, de réprimer leurs émotions sous peine de perdre leur statut. Il semble que cette charte, Koji Fukada se la soit lui-même imposer dans sa nouvelle réalisation tant le moindre frémissement sentimental y est aussitôt étouffé, contenu dans une mise en scène qui refuse obstinément toute effusion et préfère distiller les effets mélodramatiques çà et là, par petites touches sensibles.

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Affection Affection

Actuellement au cinéma

© UFO Distribution

Un hasard, heureux ou non, fait coïncider la sortie d’Affection Affection de quelques semaines avec les élections municipales. Sur les écrans, les petits, il aura été question, entre autres, de problèmes locaux à échelles moindres que celles d’une nation. Dans un délire sécuritaire, les caméras de surveillance auront agité de nombreux débats. Faut-il les doubler, les tripler, les implanter à chaque coin de rue ? Affection Affection nous rappelle qu’avant de nous surveiller, les caméras nous captaient – acte parfois autoritaire, certes, mais potentiellement poétique. Dans un petit village du Var, Géraldine (Agathe Bonitzer) – G pour ses proches – travaille à la mairie. Une fille disparaît (la fille du maire, le compagnon de G) et une femme refait surface avant de s’évaporer (la mère de G). Alors que les caméras ont posé leurs yeux sur tout le village, aucun signe rationnel ne vient expliquer ces événements. Il reste à G de fouiller dans sa sensibilité.

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Nuestra Tierra

Actuellement au cinéma

© Météore Films

Lucrecia Martel se fait rare. Cinq longs-métrages en vingt-cinq ans, c’est peu. Figure de proue du cinéma argentin post crise économique (de 1998 à 2002, l’Argentine a connu une intense crise économique dont elle ne s’est jamais complètement remise), c’est ce pays qu’elle analysa œuvre après œuvre. Avec l’ambiguïté des grands cinéastes, ses films n’ont jamais pris activement position dans le champ politique. Certes, Martel choisit ses sujets – éducation religieuse, bourgeoisie, colonisation, patriarcat – mais elle s’arrête au constat. Alors, Nuestra Tierra peut effrayer. La cinéaste argentine aurait-elle délaissé sa si belle forme pour un fond, non moins beau, au profit d’un message et non d’une émotion. Le projet remonte aux années 2000. Lorsque Javier Chocobar, leader d’une communauté autochtone, meurt sous les balles de trois hommes blancs. Une décennie de manifestations permettront à un procès d’aboutir, menant à la condamnation des trois hommes.

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Projet Dernière Chance

Actuellement au cinéma

© Sony Pictures

Et si, face à l’imminence de la catastrophe, la meilleure option n’était pas de foncer dans le mur tête baissée, mais de s’arrêter deux secondes pour réfléchir ? Cette idée, hautement subversive par les temps qui courent, est doublement au cœur de Projet dernière chance. D’abord, parce que le film de Phil Lord et Christopher Miller raconte l’histoire d’un homme catapulté dans l’espace, obligé de faire confiance à son instinct pour trouver un antidote aux micro-organismes qui dévorent le soleil et menacent la vie sur terre. Ensuite, car cette superproduction à 200 millions de dollars a quelque chose d’anachronique : à l’ère des univers étendus et de la sérialisation effrénée des propriétés intellectuelles, le blockbuster fait le pari de l’intime et s’autorise à ralentir le tempo.

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