Beau-père fait partie de ces films qu’il serait impossible de réaliser aujourd’hui : Rémi, un pianiste de club se rêvant grand musicien, voit les attentions de sa femme s’estomper de jour en jour. Lorsque celle-ci est victime d’un accident de voiture, il se retrouve seul avec sa belle fille de quatorze ans, folle amoureuse de lui.
Pour être honnête, on était un peu inquiet en entrant dans la salle de projection de Jeanne. Le souvenir de Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc était encore présent dans notre esprit comme le film avec lequel Bruno Dumont, en roue libre, nous avait laissé sur le bord de la route… Heureusement, sa Jeanne est dans l’ensemble une bonne surprise, beaucoup plus harmonieuse que la précédente.
Lorsque nous les avons quittés, ils prêtaient serment de leur amitié après avoir vaincu le clown qui les terrorisait… 27 ans plus tard, le « club des ratés » – tel qu’il se nomme lui-même – s’est dispersé, chacun faisant sa vie loin des autres. Et surtout loin du passé, de l’enfance et de ses peurs profondes. Bill (James McAvoy) est devenu scénariste, Eddie (James Ransone) expert en statistiques, Beverly (Jessica Chastain) travaille pour sa propre marque de chaussures, Richie (Bill Hader) est humoriste… Mike (Isaiah Mustafa) est le seul membre du groupe à être resté vivre à Derry, la ville dont ils sont tous originaires. C’est lui qui appellera ses anciens amis, un à un, pour qu’ils se réunissent à nouveau : le clown Grippe-Sou est revenu. Ça recommence.
Condamné pour avoir provoqué un incendie, Amador sort de prison et retourne vivre chez sa mère, dans une ferme située en Galice. Pyromane pointé du doigt, il n’est pas le bienvenue dans son village, ses voisins voient en lui la possibilité d’un nouvel incendie… Deuxième fiction du réalisateur franco-espagnol Olivier Laxe, récompensée par le prix du jury de la section Un Certain Regard à Cannes, Viendra le feu est un drame contemplatif dont le parti pris esthète ne parvient pas à combler son manque d’enjeux.
Un polar signé Arnaud Desplechin ? Sur le papier, le projet est très attrayant mais il a de quoi surprendre, venant d’un réalisateur qui se distingue, depuis ses débuts, par son sens profond du romanesque, ses personnages au langage châtié, plongés dans des histoires familiales et amoureuses en milieu bourgeois… Avec Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin quitte en effet sa zone de prédilection pour l’enrichir d’une façon inédite : faisant du réel la matière même de son film, il s’inspire d’un fait divers survenu en 2002 à Roubaix, l’assassinat d’une femme de 73 ans par ses deux voisines, alcooliques et toxicomanes.
Après s’être fait voler sa voiture par un clan de nudistes dans un petit village français, Juliette Webb se rend au commissariat où elle fait la connaissance de Pierre Perdrix.Avec deux personnages archétypes de la comédie romantique (l’homme timide dédié à son travail et la femme excentrique libérée), Erwan Le Duc nous livre pourtant un film marquant d’originalité et de décalage.
Le neuvième et très anticipé film de Quentin Tarantino nous propose un voyage au coeur du Hollywood de la fin des années 60. À travers le personnage de Rick Dalton, un acteur démodé et de Cliff Booth, sa doublure cascade, il évoque cette fin de l’âge d’or des studios et l’arrivée de ce que l’on qualifie de « nouvel Hollywood ». Il jette un regard nostalgique sur une période où la télévision devient un rival majeur de l’industrie filmique – industrie dans laquelle une nouvelle attention est pourtant prêtée à la notion d’auteurisme, permettant la révélation de jeunes réalisateurs étrangers à Hollywood, comme le nouveau voisin de Rick, un certain Roman Polanski.
En 1945, à Leningrad, le retour est difficile pour celles et ceux qui reviennent du front… Physiquement et psychologiquement atteints, très peu ont réussi à retrouver une vie normale. C’est dans ce contexte qu’Iya et Macha travaillent comme aide-soignantes dans un hôpital militaire, après avoir été démobilisées. Dans ce lieu où l’on peut aussi bien donner la vie qu’euthanasier pour soulager, se dévoile toute l’ampleur de la souffrance d’une population qui doit vivre à la suite d’un tel cataclysme… Après Tesnota (2018), un des grands chocs cinématographiques de ces dernières années, Kantemir Balagov signe un deuxième film aussi maitrisé que le précédent. Un impressionnant portrait de femmes pour un film d’époque récompensé par le prix de la mise en scène en sélection Un certain regard, au dernier Festival de Cannes.
Lee Israel a écrit quelques biographies à succès mais son apparence peu soignée, son alcoolisme indéniable et sa préférence des chats aux êtres humains ne font pas d’elle la star littéraire du moment. En manque d’inspiration mais en besoin croissant d’argent, elle décide de forger d’anciennes correspondances épistolaires de célébrités littéraires. Elle rédige et vend ainsi des centaines de fausses lettres provenant aussi bien de Noël Coward que de Fanny Brice, en passant par Dorothy Parker.
Si les films se déroulant dans un taxi sont devenus un genre à part entière, ceux prenant place dans des véhicules sanitaires pourraient l’être tout autant… Vic, américain d’origine russe, conduit un minibus pour handicapés à Milwaukee, dans l’état du Wisconsin. Comment chaque matin, il doit passer prendre un à un ses passagers. Seulement, ce serait trop simple : à cause de manifestations dans la ville, de demandes particulières auxquelles il peut difficilement dire non – son grand-père et ses amis doivent se rendre à un enterrement -, les retards s’accumulent et le jeune homme est rapidement dépassé par la situation. Le temps ne les attend pas, comme le lui rappellent régulièrement les passagers et son supérieur, par téléphone. Chaque moment presse le suivant et retient le précédent, formant un enchaînement de situations qui entrent joyeusement en collision. L’itinéraire banal du petit convoi devient une véritable équipée.