Les Nuits de Mashhad

Au cinéma le 13 juillet 2022

© Metropolitan FilmExport

Le cliquetis d’un trousseau de clefs annonce le contact d’un cyclomoteur qui s’enclenche, prêt à entamer sa déambulation dans les rues de Mashhad, ville du nord-ouest de l’Iran, lieu de pèlerinage religieux. Le ronronnement du moteur disparaît bientôt alors que retentit une musique alarmante dont les sonorités nous rappellent celles d’une sirène. Ce signal prévient-il du départ du conducteur à la pêche – en reprenant son sens polysémique – à ces êtres issus de la mythologie grecque ? Créatures fabuleuses hypnotisant jadis les hommes d’équipage depuis leur navire sur le rivage, attirant aujourd’hui l’homme moderne de passage, sur une route ou dans une rue, au détour d’un virage. 

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La Nuit du 12

Au cinéma le 13 juillet 2022

Bastien Bouillon et Bouli Lanners © Copyright Haut et Court

En exergue de La Nuit du 12, un carton nous informe que vingt pour cent des crimes restent non résolus : l’histoire de ce film évoque l’une d’entre-elles. À peine les lumières se sont éteintes qu’on est déjà sonnés, curieux de découvrir ce qui s’annonce peut-être comme le Memories of Murder de Dominik Moll, mais à la française, dans les Alpes iséroises, avec des inspecteurs de la PJ pour protagonistes et des foutues imprimantes qui tombent toujours en panne. Et si l’on n’y retrouve ni la fantaisie noire du chef d’œuvre coréen, ni sa profondeur philosophique, un même drame les relie : celui du doute et du mal inexpugnable.

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L’Équipier

Au cinéma le 22 juin 2022

© Epicentre

Les scandales de dopage dans le milieu du cyclisme ont déjà donné lieu à quelques films : La Petite Reine s’inspirait du parcours de la cycliste Geneviève Jeanson quand The Program relatait la tristement célèbre affaire Armstrong. L’Équipier se distingue de ses prédécesseurs grâce au point de vue original qu’adopte Kieron J. Walsh pour sonder les paradoxes de cette pratique qui décuple les capacités du corps, tout en l’affaiblissant.

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Je tremble, ô Matador

Au cinéma le 15 juin 2022

© Outplay

Si Rodrigo Sepúlveda cite Bergman, Orson Welles ou Wong Kar-Wai parmi ses références pour son adaptation de Je tremble, ô Matador (Pedro Lemebel, 2001), ce sont deux autres noms tout aussi prestigieux qui nous viennent à l’esprit devant cette histoire d’un amour impossible entre un vieux chanteur travesti – la Loca del Frente – et un jeune rebelle communiste – Carlos – dans le Chili de Pinochet, en 86.

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El buen patrón

Au cinéma le 22 juin 2022

© Alamode Film

Le dernier long-métrage de Fernando León de Aranoa s’ancre dans l’univers professionnel pour mettre en scène la vie d’une entreprise. Les rapports hiérarchiques sont au cœur de cette comédie grinçante et subtilement écrite dans laquelle Julio Blanco (Javier Bardem) dirige une société qui fabrique… des balances. Le réalisateur des Lundis au soleil et de Escobar retrouve Bardem pour une tragicomédie qui a cette année, mais il en a l’habitude, décroché toutes les distinctions à la cérémonie des Goya (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur acteur, meilleure musique originale et meilleur montage). 

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Sweat

Au cinéma le 15 juin 2022

Copyright Lava Films

Sweat expose le spectacle de l’ineptie moderne. Au sein de ce théâtre, Sylwia, une influenceuse fitness, joue le rôle principal. Dans les coulisses, elle s’échauffe, se maquille et s’examine une dernière fois avant de monter sur les planches – en plastique – d’un centre commercial. La musique va crescendo et les rideaux sur la consommation de la beauté et du bien-être s’ouvrent. Que le spectacle commence !

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La Maman et la putain

1973 / Ressortie le 8 juin 2022

Alexandre (Léaud), Veronika (Lebrun) et Marie (Laffont) © Collection Christophel

Classique du cinéma français, chef d’œuvre ultime de l’esprit Nouvelle Vague, La Maman et la putain de Jean Eustache, perle devenue si rare, presque impossible à dénicher, est ressorti la semaine dernière au cinéma dans une version restaurée 4K. Pour le bonheur des cinéphiles et le salut de ceux, chanceux, qui ne l’auraient pas encore vu.

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Compétition officielle

Au cinéma le 1er juin 2022

© StudioCanal

Il est éminemment cocasse que Compétition officielle ait concouru l’année dernière pour le Lion d’or au festival de Venise. Familiers des récompenses et des festivals internationaux, les cinéastes Mariano Cohn et Gastón Duprat ont dû se féliciter, en se tenant les côtes, d’une sélection qui hisse leur film vers un troisième degré jouissif et inopiné, alors que la seule place qu’il accorde aux Lions d’or et aux Goyas, aux Palmes et aux médailles, est dans un broyeur. C’est à travers cette séquence forte, la plus mémorable, que le nerf de la satire féroce du duo argentin se découvre.

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La réalité de l’image selon Cronenberg : Vidéodrome et eXistenZ

Rétrospective David Cronenberg

Max Renn (James Woods), captivé par l’image de Nicki Brand (Debbie Harry) sur Vidéodrome © S.N. Prodis

S’il est bien sûr reconnu comme l’éminent cinéaste du corps et de ce qui y grouille à l’intérieur, s’il est l’initiateur de ce que les commentateurs ont nommé le « body horror », ce sous genre de l’horreur qui se saisit du corps comme principal objet filmique, soumis à des transformations et de multiples transgressions, Cronenberg s’est toujours et tout autant penché sur les qualités de l’esprit, de la psyché et de l’impalpable. En témoigne l’empreinte de la psychanalyse sur ses récits, au point d’apparaître au grand jour comme jamais auparavant dans A Dangerous Method (2011), qui relate les balbutiements de cette science au début du XXème siècle. Ses films bâtissent également des univers mentaux gouvernés par une logique du fantasme, comme dans Le Festin nu (1991) où, fidèle à l’imaginaire chaotique et foisonnant de Burroughs, la réalité de Bill Lee se dissout dans un flux d’hallucinations provoqué par l’inoculation d’une poudre anti cafards. Un schéma narratif similaire se retrouve dans Vidéodrome (1983) et eXistenZ (1999), bien que l’objet causal de l’égarement psychique et perceptif des personnages y soit d’une toute autre nature.

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The Northman

Au cinéma le 11 mai 2022

© Focus Features

Avec The Northman, Robert Eggers confirme son projet initié depuis son premier long métrage The Witch : aller au origines des récits qu’il adapte. Il ne s’agit pas ici de tenter une énième adaptation du Hamlet de Shakespeare mais bien d’aller au plus près de la source du mythe. Le film se rapproche ainsi plus d’une sorte de transposition d’une Edda Poétique que d’une adaptation de la tragédie shakespearienne.

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