Les scandales de dopage dans le milieu du cyclisme ont déjà donné lieu à quelques films : La Petite Reine s’inspirait du parcours de la cycliste Geneviève Jeanson quand The Program relatait la tristement célèbre affaire Armstrong.L’Équipier se distingue de ses prédécesseurs grâce au point de vue original qu’adopte Kieron J. Walsh pour sonder les paradoxes de cette pratique qui décuple les capacités du corps, tout en l’affaiblissant.
Si Rodrigo Sepúlveda cite Bergman, Orson Welles ou Wong Kar-Wai parmi ses références pour son adaptation de Je tremble, ô Matador (Pedro Lemebel, 2001), ce sont deux autres noms tout aussi prestigieux qui nous viennent à l’esprit devant cette histoire d’un amour impossible entre un vieux chanteur travesti – la Loca del Frente – et un jeune rebelle communiste – Carlos – dans le Chili de Pinochet, en 86.
Le dernier long-métrage de Fernando León de Aranoa s’ancre dans l’univers professionnel pour mettre en scène la vie d’une entreprise. Les rapports hiérarchiques sont au cœur de cette comédie grinçante et subtilement écrite dans laquelle Julio Blanco (Javier Bardem) dirige une société qui fabrique… des balances. Le réalisateur des Lundis au soleil et de Escobar retrouve Bardem pour une tragicomédie qui a cette année, mais il en a l’habitude, décroché toutes les distinctions à la cérémonie des Goya (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur acteur, meilleure musique originale et meilleur montage).
Treize ans après son adaptation de Gatsby le Magnifique, Baz Luhrmann revient avec Elvis, biopic sur l’icône du rock’n’roll. Soit plus de deux heures et demie de paillettes et d’outrance, un distillat de l’esthétique Luhrmann dont on se délecte ou que l’on déteste.
Sweat expose le spectacle de l’ineptie moderne. Au sein de ce théâtre, Sylwia, une influenceuse fitness, joue le rôle principal. Dans les coulisses, elle s’échauffe, se maquille et s’examine une dernière fois avant de monter sur les planches – en plastique – d’un centre commercial. La musique va crescendo et les rideaux sur la consommation de la beauté et du bien-être s’ouvrent. Que le spectacle commence !
Quentin Dupieux est de retour avec un film cette fois-ci plus conforme à son trait habituel. Moins comédie populaire que Mandibules, pas aussi méta que Réalité, Incroyable Mais Vrai est une curiosité pas si inattendue.
Classique du cinéma français, chef d’œuvre ultime de l’esprit Nouvelle Vague, La Maman et la putain de Jean Eustache, perle devenue si rare, presque impossible à dénicher, est ressorti la semaine dernière au cinéma dans une version restaurée 4K. Pour le bonheur des cinéphiles et le salut de ceux, chanceux, qui ne l’auraient pas encore vu.
Il est éminemment cocasse que Compétition officielle ait concouru l’année dernière pour le Lion d’or au festival de Venise. Familiers des récompenses et des festivals internationaux, les cinéastes Mariano Cohn et Gastón Duprat ont dû se féliciter, en se tenant les côtes, d’une sélection qui hisse leur film vers un troisième degré jouissif et inopiné, alors que la seule place qu’il accorde aux Lions d’or et aux Goyas, aux Palmes et aux médailles, est dans un broyeur. C’est à travers cette séquence forte, la plus mémorable, que le nerf de la satire féroce du duo argentin se découvre.
On aurait pu croire à un film sensible sur les rapports conflictuels entre un frère et une sœur, comme l’indiquait le synopsis. Au lieu de cela, Frère et sœur devient rapidement un drame petit bourgeois dans lequel deux jeunes artistes se haïssent à la mort pour on ne sait quelle raison.
À l’occasion de la sortie en salles de Birds of America, nous avons rencontré le réalisateur Jacques Lœuille, ainsi que la productrice, Ariane Métais. Le réalisateur de films d’arts, de documentaires et d’essaisretrouve ici les traces des oiseaux du peintre français émigré au États-Unis, Jean-Jacques Audubon, pour révéler une histoire moderne.
Quel a été le point de départ de ce film ?
Jacques Lœuille : J’ai été étudiant à Nantes, aux Beaux Arts. Lors de mes études, on s’intéressait en général à l’art contemporain, mais j’ai toujours gardé un goût pour l’art ancien. J’ai continué à voir beaucoup d’expositions, et j’ai découvert lors d’une exposition au Musée d’Histoire Naturelle en 2004-2005, l’Œuvre d’Audubon. C’était une exposition assez importante, ils avaient fait venir des œuvres d’Amérique. Je l’ai trouvé poignante pour notre époque puisqu’elle documentait des oiseaux qui aujourd’hui, en partie, ce sont éteints. Cette œuvre, qui représente une sorte d’archive du ciel avant notre époque, avant notre ère, me parle toujours aujourd’hui, différemment, mais en est peut-être d’autant plus émouvante. Cette idée était en sommeil et un jour, j’en ai parlé à Ariane, je lui ai dit qu’il serait intéressant de produire quelque chose avec ça, peut-être pas un film mais une sorte d’installation pour une exposition et Ariane a voulu en faire un film. Elle a pensé qu’il y avait de la matière pour que cela se déploie dans un grand récit. On a alors commencé à écrire un long-métrage.
Ariane Métais : Quand on partait du Mississippi, on a pensé à l’idée d’un « rivermovie », comme un roadmovie mais suivant l’autoroute des oiseaux qu’est le fleuve du Mississippi. On avait effectivement assez de matière pour en faire un long-métrage pour le cinéma.
Avez-vous choisi de suivre les traces d’Audubon, d’empreinter la même route, de la même manière, pour traverser le Mississippi ?
JL : Le dispositif du film est de s’appuyer sur les oiseaux peints par Jean-Jacques Audubon qui s’est donné la mission un peu folle au début du 19ème siècle, dans les premières années, de peindre tous les oiseaux d’Amérique. Il faut imaginer que c’est une époque où il n’y a pas de route. Au-delà du Mississippi, c’est ce que l’on appelle la « wilderness », une sorte d’océan vert de 4000kms de forêt jusqu’au Pacifique. Le mode de vie est celui des chasseurs-cueilleurs et donc marcher dans les pas d’Audubon, cela veut dire, forcement, marcher dans un monde qui est tout autre. Aujourd’hui, là où les indiens chassaient, il y a des stations-services et des fast-foods. Le monde est différent et donc le dispositif du film est, en suivant les pas d’Audubon, de mesurer l’écart qui nous sépare de lui.
Combien de temps le film a-t-il mis à voir le jour ?
AM : cinq ans à peu près. cinq ans avec les premiers tournages en 2016. Après tous les ans on a tourné aux Etats-Unis jusqu’en 2019. On a monté en 2019-2020 et le film a été terminé vers l’été 2020.
JL : La période de production/fabrication du film a été l’ère Trump. C’est vrai que cela marque un peu l’univers du film puisque c’est un film avec une dimension environnementale, les années Trump ont été des années assez sombres.
AM : Trump est sorti de l’accord de Paris et a fermé beaucoup de réserves ornithologiques.
JL : Et à l’époque les Etats-Unis étaient le premier pollueur mondial, maintenant c’est peut-être devenu la Chine, mais donc ça avait un impact mondial, ça touchait tout le monde.
Comment avez-vous envisagé et préparé le tournage de Birds of America ?