Vicky est une petite fille avec un odorat tout à fait extraordinaire, pour ne pas dire fantastique. Lorsque la sœur mystérieuse de son père vient s’installer chez eux, une étrange odeur lui permet de retourner dans le passé et d’en apprendre plus sur elle…
« Mon histoire est vraie, mais vous serez mieux enclin à y croire si je vous la relate comme un conte ». Curieux prélude que ce discours en voix-off qui érige la forme fantaisiste du conte en plus haut foyer du crédible et de la vérité. Curieux détail aussi que cette narratrice docteure en narratologie prénommée Alithea (Tilda Swinton), forme moderne du terme grec « alètheia » signifiant en français « vérité » ou « croyance tenue pour vraie ». Dès les premières minutes, le projet métanarratif de George Miller se découvre. Il sera principalement question de la fonction du récit dans Trois mille ans à t’attendre, de l’attrait qu’il suscite et de la puissance du mythe.
Trois ans après La loi de Téhéran, thriller redoutablement efficace sur la guerre policière contre le traffic de drogue, le réalisateur prodige Saeed Roustaee fait son retour sur les écrans français avec Leila et ses frères. Une vision plus intime, mais non moins monumentale, de la société iranienne contemporaine.
Portrait d’un couple de jeunes retraités français installés depuis peu dans un petit village de Galice. Olga (Marina Foïs) et Antoine (Denis Ménochet) rénovent leur propriété, cultivent la terre, refusent les OGM ou tout produit chimique de synthèse et vendent le fruit bio de leur labeur au marché : le rêve de tout bobo qui se respecte, en somme. La force de ce film émane du fait que la rudesse et les travers de ce tableau idéaliste d’un anticonformisme devenu à la mode sont dans un second temps mis en exergue.
Tout part d’un fait divers : deux jeunes gens s’égarent dans le désert, un seul s’en sort. De là, Gus Van Sant s’emploie à tisser puis à détisser les liens d’une amitié presque anonyme et muette.
Après Get Out et Us, le réalisateur Jordan Peele est de retour avec un nouveau postulat cauchemardesque sur notre société. Quoi de plus parlant que le cinéma pour dénoncer le culte voué aux images ?
Dans les hautes herbes du parc de leur riche villa athénienne, Mariella et Pavlos découvrent un curieux animal. Le dodo qui s’invite chez eux ne pouvait pas plus mal tomber : à la veille du mariage de leur fille Sofia, ce couple au bord de la ruine ne sait plus où donner de la tête entre ses difficultés conjugales et financières et les derniers préparatifs.
Neil se rend en vacances à Acapulco avec sa sœur et ses deux enfants (que l’on croit d’ailleurs être sa femme et ses enfants). Lorsque leur mère (celle des deux adultes) meurt soudainement, ils doivent écourter leurs vacances paradisiaques pour rentrer en Angleterre. Neil prétexte alors un oubli de passeport afin de rester à Acapulco. Tout comme cet incipit de critique, Sundown met en scène une intrigue tout à fait banale mais aussi bancale, que viennent alourdir de trop nombreuses parenthèses.
C’est une petite musique. Un standard familier. Mélancolie d’un piano, danse alanguie d’une clarinette. Ce n’est pas un titre de jazz, juste le nouveau Woody Allen. Cinquantième variation d’un même thème dont les cinéphiles viennent chaque année se réj-ouïr au cinéma. Retardé par la pandémie, Rifkin’s Festival est enfin sorti. Et si la note est un peu fatiguée, elle ne manque pas de nous charmer.
En exergue de La Nuit du 12, un carton nous informe que vingt pour cent des crimes restent non résolus : l’histoire de ce film évoque l’une d’entre-elles. À peine les lumières se sont éteintes qu’on est déjà sonnés, curieux de découvrir ce qui s’annonce peut-être comme le Memories of Murder de Dominik Moll, mais à la française, dans les Alpes iséroises, avec des inspecteurs de la PJ pour protagonistes et des foutues imprimantes qui tombent toujours en panne. Et si l’on n’y retrouve ni la fantaisie noire du chef d’œuvre coréen, ni sa profondeur philosophique, un même drame les relie : celui du doute et du mal inexpugnable.