Rencontre avec : Sophie Letourneur

© Denis Guignebourg

Trois ans après Enorme et son succès critique plus que mérité, Sophie Letourneur revient avec Voyages en Italie, une nouvelle comédie hors des sentiers battus, à l’ anti-romantisme rafraîchissant.

Comment est né le projet du film ?

Je l’ai écrit après un voyage en Italie que j’ai fait en 2016 avec le père de mon fils. Le voyage du film y ressemble beaucoup…

La plupart de vos films trouvent un ancrage dans une matière autobiographique, mais vous la remodelez de façon à mettre en lumière son caractère universel. Le générique d’ouverture de Voyages en Italie fait défiler des photos de couples anonymes en vacances en Italie. Était-ce une manière d’inscrire votre expérience individuelle dans une pratique finalement commune ?

Oui, je pense que c’est aussi pour cela qu’il y a un « s » à « Voyages » dans le titre. Quand on était en Italie, j’avais l’impression que tous les couples autour du nôtre faisaient le même voyage pour les mêmes raisons. J’ai trouvé ça drôle, et c’est ce qui m’a donné envie de raconter cette expérience.

Le pluriel du mot « voyage » est aussi un clin d’œil au Voyage en Italie de Rossellini, que le personnage de Philippe Katerine évoque avec Stromboli tandis que vous sillonnez la Sicile. Qu’est-ce que vous aimez dans le cinéma de Rossellini ?

Rossellini, c’est le premier cinéaste à mélanger des plans de documentaire avec des plans de fiction. C’est un pionnier pour cela. Et puis Voyage en Italie, c’est un film qui n’a pas été immédiatement compris à sa sortie. C’est un aspect que j’aime bien dans son travail : il fait de la recherche. Mais même si j’aime bien Voyage en Italie, je crois que j’ai une préférence pour Stromboli.

Dans une interview, vous disiez bien aimer « l’idée de revivre les événements, grâce à un film, pour comprendre ce [qu’il vous] est arrivé, pour que les choses ne s’arrêtent pas trop vite. » Est-ce que c’est pour cette raison que vous jouez dans certains de vos films ?

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Apaches

Au cinéma le 29 mars 2023

© Tandem films

Trois ans seulement séparent le sympathique Dernier Voyage de Apaches, deuxième long-métrage de Romain Quirot, mais le constat n’est étrangement plus le même, comme si quelque chose s’était perdu en chemin.

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Je verrai toujours vos visages 

Au cinéma le 29 mars 2023

© Christophe Brachet – 2022 – CHI-FOU-MI PRODUCTIONS – TRESOR FILMS – STUDIOCANAL – FRANCE 3 CINEMA

Encore assez méconnue en France, la justice restaurative se révèle dans le dernier film de Jeanne Herry, Je verrai toujours vos visages, qui met en scène des rencontres entre des victimes et des auteurs d’infraction, visant à réparer le lien social par les mots. 

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Houria

Au cinéma le 15 mars 2023

© Etienne Rougery

C’est sur une terrasse baignée d’une lumière chaude et ocre, qui inondera de ses couleurs ardentes l’ensemble du film, qu’Houria, jeune danseuse algérienne, répète les pas tourmentés du cygne noir, casque sur les oreilles, souffle court. La caméra capture ses pointes abimées par les cours donnés par sa propre mère, qui s’entrechoquent, volent dans les airs- autant de plans qui annoncent ce dont la jeune femme talentueuse sera privée.

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Mon Crime

Au cinéma le 8 mars 2023

© Carole Bethuel

La nostalgie est semble-t-il affaire de notre temps. Combien de sorties récentes nous replongent dans ces reconstitutions, se voulant souvent “esprit d’époque”, se targuant en quelque sorte de laisser voir “la vérité” d’un passé que l’on regrette, que l’on ne se lasse de contempler. D’aucuns pourraient y voir une forme de crainte d’un présent ou d’un futur moins lumineux que ces petites madeleines colorées. Voilà que François Ozon s’y met également (même si Peter Von Kant, Huit femmes et Potiche tenaient déjà du pastiche de film d’époque), avec la subtilité de ne pas reconstituer un temps mais d’en pasticher le corpus cinématographique. Résultat : une liesse ludique, le plaisir de l’ancien, la fougue du contemporain. 

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Comme une actrice

Au cinéma le 8 mars 2023

© Epicentre films

Tandis que La Tour et La Montagne jouent encore sur grands écrans, le nouveau film de Sébastien Bailly s’inscrit dans leur sillage en proposant une comédie dramatique agrémentée d’une subtile mais revigorante touche de fantastique. 

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Goutte d’or

Au cinéma le 1er mars 2023

© 2021/Laurent LE CRABE/Kazak Productions

Dans le quartier sombre de la Goutte d’or à Paris, capturé dans le méandre de la nuit, se niche un petit cabinet de médium, celui de Ramsès, trente-cinq ans, qui prétend, au milieu de bougies à la flamme vacillante, parler avec les morts. De nombreuse âmes en peine, prêtes à tout pour saisir quelques mots de défunts disparus, affluent dans son cabinet où, en poète habile, manipulateur, véritable charlatan, il récupère des informations personnelles pour les recracher sous les yeux ébahis de son public. 

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Pulse

Au cinéma le 22 février 2023

© Kerttu Hakkarainen

C’est un vacillement de lumières vertes qui se déploient sur la silhouette d’Elina, aux cheveux courts de la même couleur. En Finlande, dans les quartiers aux immeubles hauts qui tracent des lignes de fuite, elle vagabonde, casque sur les oreilles, mots de rap au bout des lèvres. Elle marche, triomphante, dans ce milieu urbain qu’elle connaît par cœur, qu’elle a apprivoisé, qui lui façonne une seconde identité. Mais elle se voit obligée de déménager sous l’impulsion de sa mère, pour aller vivre chez son beau-père, dans une Provence bucolique.

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La Syndicaliste

Au cinéma le 1er mars 2023

© Le Pacte

Dans un pays où la délinquance en col blanc n’a pas de visage, on peut se réjouir de voir un film pointer sans détour un fait réel en citant des entreprises et des noms ; il est aussi bien question de rafraîchir la mémoire des Français que de graver dans le marbre une énième affaire économique que l’on finira par oublier. Il en va de même pour les politiques cités : Christophe Paou incarne brillamment le cabotin Arnaud Montebourg, que l’étiquette souverainiste n’a pas empêché de contribuer activement au démantèlement d’Areva. 

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La Grande Magie

Au cinéma le 8 février 2023

© Jean-Claude LOTHER

Lvovsky et magie riment pourtant bien, l’exemple en quelques longs : Camille Redouble, et son touchant retour vers le passé accroché à la voix de Yolande Moreau, ou encore Les Sentiments, où le hasard provoque conjointement enchantement et drame.

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