Un Prince

Au cinéma le 18 octobre 2023

© JHR Films

Un Prince débute tel un doux conte, sur la tendre voix de Françoise Brown, directrice d’un centre de formation pour jardiniers, avant de basculer sur celle d’Alberto, professeur, puis de Pierre-Joseph, élève et futur protagoniste de ce récit au passé. Mais Un Prince débute également sur un étrange parti-pris : celui de limiter la parole des personnages principaux à des voix-off, doublées par des interprètes différents de ceux visibles à l’écran. D’entrée de jeu, la nouvelle œuvre de Pierre Creton fait donc l’objet d’un décalage par rapport aux êtres polymorphes qu’elle filme.

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Alice dans les villes

Festival Lumière 2023 / Rétrospective Wim Wenders

©  Les Films du Losange

La première séquence d’Alice dans les villes s’ouvre sur un avion qui plane dans le ciel, métaphore du voyage que vont entreprendre le protagoniste, un photographe et journaliste esseulé, et une petite fille, Alice, laissée pour compte par sa mère, rencontrée à l’aéroport, et remise aux mains de Phillip. La caméra pivote et nous retrouvons Phillip, appareil photo en main, prendre un cliché de la mer, la mer qui rappelle la mère, le point final de l’aventure. 

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Le Règne animal

Au cinéma le 4 octobre 2023

© Nord-Ouest Films / StudioCanal / France 2 Cinéma / Artémis Productions

Une scène introductive ancrée dans la réalité d’une prise de bec entre un père (Romain Duris) et son fils (Paul Kircher) dans les embouteillages – le cinéma étant peut-être le seul lieu où une sortie de véhicule dans de telles circonstances pour circuler entre les voitures devient banale – se poursuit par la surprise de leur rencontre avec un homme ailé, le corps attelé, se propulsant hors d’une ambulance. Si nous sommes, en premier lieu, persuadés que cet évènement est aussi inédit pour les personnages que pour le spectateur, nous découvrons que ce phénomène n’est pas totalement nouveau pour François et Emile. Dès lors, s’ouvrent les portes de l’univers science-fictif. Car une manifestation récente et complexe de mutation de l’Homme vers l’animal sévit. Ou bien libère t-elle ? Des centres spécialisés contrôlent l’évolution de ces individus. Lana, la mère d’Emile est elle-même touchée par ce changement. François décide de tout quitter pour partir avec son fils à la recherche de sa femme, alors qu’elle s’est enfuie du centre spécialisé qui la soignait. 

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Notre corps

Au cinéma le 4 octobre 2023

© Dulac Distribution

L’une des premières séquences du film capte, de dos, capuche enfoncée sur la tête, le discours d’une adolescente tombée enceinte lors de son premier rapport. La médecin qui l’écoute, tente, avec délicatesse, d’amorcer les thèmes du consentement et de l’avortement. C’est un premier pas vers la prévention, l’éducation sexuelle. Dans le champ, il y a le corps prostré de la jeune fille face au visage tendre et compréhensif de la médecin. C’est un face à face qui devient progressivement dialogue : petit à petit, la cinéaste s’empare, par des mouvements d’aller-retour, du discours du personnel soignant, tout autant que de celui des patientes. 

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L’air de la mer rend libre

Au cinéma le 4 octobre 2023

© Pyramide Distribution

Quoi de plus beau que le mariage ? Sur le parvis d’une mairie, une jeune femme en robe de mariée attend son fiancé. Elle l’a rencontré le jour-même, et il est déjà parti à l’autre bout de la ville retrouver son amant. Deux petites filles jouent sur les marches. À l’intérieur, les familles se réjouissent que leurs moutons noirs respectifs rentrent enfin dans les rangs. Tout est simple, doux, sans éclat. Dans L’air de la mer rend libre, la violence la plus grande passe par les sourires et les bénédictions.

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Dogman

Au cinéma le 27 septembre 2023

© Shanna Besson – LBP–EUROPACORP–TF1

« Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien ». Outre l’incongru d’imaginer Besson lecteur de Lamartine, ou d’un livre tout court, difficile de ne pas relever que, parmi toutes les grandes figures romantiques, il fallut qu’il cite le plus grave et plaintif en exergue de Dogman. Quelques mots empruntés et le ton est donné, aussitôt confirmé par une séquence d’ouverture suintant de poisse où tonne si pesamment un air factice de mystère sous une musique écrasante. Un début qui nous assure, malgré les désastres que furent Valérian et Anna, de l’attachement indéfectible du cinéaste à ses principes d’emphase et de pathos ad nauseam.

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Club Zero

Au cinéma le 27 septembre 2023

© Coproduction Office

Le voilà enfin dans nos salles de cinéma, le grand rejeté des critiques et des festivaliers cannois cette année. Dans ce sixième long-métrage, Jessica Hausner nous fait passer la grille d’entrée d’un lycée. Un groupe d’élèves est réuni pour un atelier novateur à l’initiative d’une nouvelle professeure, Miss Novak. En fond sonore, un chœur a cappella, des chaises disposées de manière circulaire, une salle de classe et un club en option. Dans cette ambiance très Glee, s’impose l’inhospitalité d’une mise en scène glaciale. L’objectif de ce cours étant le suivant : faire prendre conscience aux étudiants de la manière dont ils s’alimentent.

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Coup de Chance

Au cinéma le 27 septembre 2023

© Metropolitan Films

Fanny, une jeune femme solaire, est mariée avec Jean, un moins jeune homme arrogant et au mode de vie bourgeois. Un jour, non loin des Champs-Élysées, elle croise par hasard Alain, son ancien camarade de classe au visage angélique et au mode de vie bohème. Prémices d’un vaudeville classique dans la ville de l’amour, que Woody Allen n’arrive jamais à faire sortir de ses gonds. 

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Le Procès Goldman

Au cinéma le 27 septembre 2023

© Ad Vitam

​Le film de procès constitue un genre à part entière, et ce de façon contre-intuitive, car sa scénographie codifiée serait plutôt de nature à lui offrir une parenté avec la dramaturgie du théâtre. Hitchcock, Cayatte, Preminger, Clouzot, Lumet ou beaucoup plus récemment Justine Triet se sont ainsi brillamment illustrés dans ce que Paul Ricœur qualifiait de « controverse organisée, modèle de discussion où les passions qui ont nourri le conflit sont transférées dans l’arène du langage. » Cette arène, Le Procès Goldman ne la quitte pas pendant 1 h 52 sur les 1 h 56 du film, sans que jamais ne pointe le moindre ennui, tant l’espace des débats cristallise et polarise les antagonismes d’une société qui, en 1976, n’avait pas totalement purgé la mémoire de la guerre, de l’antisémitisme, de la décolonisation ou des passions révolutionnaires. 

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L’arbre aux Papillons d’or

Au cinéma le 20 septembre 2023

© Nour Films

Souvent freiné par une volonté de trop en faire, l’exercice du premier film est toujours difficile et n’incarne la plupart du temps que les prémisses d’un regard en construction. Mais parfois, pour de rares cinéastes, le miracle se produit instantanément à travers un geste d’une étonnante maturité. L’arbre aux papillons d’or fait précisément partie de ce groupe insolite. Vendu comme une longue errance de trois heures à la croisée du style de Tarkovski et Weerasethakul, le premier film de Pham Thien An – remarqué au festival de Cannes 2019 pour son court-métrage Stay Awake, Be Ready – pouvait laisser craindre le cas typique d’un premier film, cherchant désespérément à prouver sa légitimité en citant d’ores et déjà les plus grands.

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