La mort soudaine de l’acteur Chadwick Boseman annonçait la fin précipitée de son personnage, Black Panther. Dans ce deuxième opus de la saga à succès, les pontes des studios Marvel ainsi que les habitants du Wakanda lui cherchent un digne successeur…
Qu’il se loge dans les tréfonds d’une banlieue américaine, aux confins de l’espace ou d’une jungle amazonienne, l’intime est toujours conçu comme protagoniste principal de la carrière cohérente de James Gray. Depuis Little Odessa, le cinéaste a à cœur de filmer l’intériorité de personnages puis, par extension, d’une Amérique meurtrie et rongée par ses obsessions. Après s’être penché sur des sujets et des genres plus épiques ou lyriques, avec The Lost City of Z et Ad Astra, James Gray décide de revenir à un sujet plus confidentiel avec Armageddon Time, inspiré de sa propre jeunesse dans le Queens.
Deux ans après la sortie de son premier volet, le personnage haut en couleurs d’Enola Holmes fait son retour sur Netflix. Cette fois-ci, avec une enquête encore plus farfelue que la précédente, inspirée de la véritable lutte des allumettières londoniennes au début du siècle dernier. Un fond historique qui permet la réaffirmation de la relecture féministe de l’emblématique légende holmésienne.
Un fast-food berlinois. En fond, des discussions inaudibles et des bruits de couverts. Deux femmes sont assises à une table. L’une d’elles, brune, un anneau dans le nez et des tatouages sur les bras, récite un poème. »Mon mot pour famille n’est pas leur mot pour famille / Mon mot pour poésie n’est pas leur mot pour poésie. / […] Et je suis une femme en ce sens que je suis faite par dépit. » C’est dans ce décor trivial que la poésie est la plus belle, libre de prendre son envol et de sublimer le lieu comme les personnages.
1979, en plein cœur de la campagne texane, un groupe de cinéastes amateurs désire réaliser l’œuvre qui fera d’eux des stars. Deux problèmes se posent : le couple auquel ils louent la maison du tournage se révèle bien antipathique, et ils veulent tourner un film pornographique.
Jacky Caillou. Quelle est cette œuvre au titre qui interpelle ? En amont de la projection, notre imagination divague déjà, tachant de concevoir ce que provoquerait un mélange entre le tuning et la culture beauf qu’évoque ce prénom d’une part, et le reflet de simplicité et d’innocence assimilé au prosaïque élément, nom antonomastique, d’autre part. Notre intuition est – presque – bonne (amateurs d’automobile, férus de véhicules à l’esthétique douteuse, friands de voitures aux accessoires inaccoutumés, passez votre chemin), le film repose pleinement sur des jeux d’oppositions.
C’est entre des champs remplis de fleurs,le lycée et une chambre que se déroule l’histoire d’une amitié sans bornes, comme on peut en connaître au sortir de l’enfance, à la lisière du monde adulte. Rémi et Léo ont treize ans, l’âge des possibles, des jeux empreints de réalité : ils se dissimulent dans une cachette, croient entendre des voix, puis enfourchent leur vélo et filent sur la route, le souffle court, emportés par le vent.
« A lot of this really happened » s’écrit en lettres blanches au début du nouveau film de David O. Russell, une fantaisie d’abord bienvenue qui prend finalement la forme d’une certaine désinvolture de l’auteur face à son sujet et provoque l’ennui.
Depuis son superbe Monsieur & Madame Adelman, premier long-métrage surprenant de justesse, Nicolas Bedos semble sur une pente glissante, comme si chaque nouvel exercice, aussi intéressant soit-il, cherchait à retrouver sans succès la recette de cet unique coup d’éclat. Passé un OSS 117 inégal ressemblant plus à un film de commande qu’autre chose, l’auteur revient enfin à un projet original et se dirige cette fois-ci vers la Côte d’Azur, son univers bourgeois et ses petits jeux de manipulation.