Le Rire et le Couteau

Actuellement au cinéma

© Météore Films

À l’aube du XXIe siècle, la représentation fictionnelle du néo-colonialisme est sujette à plusieurs biais. Un thriller farcesque et conradien dans un Tahiti anticipé (Pacifiction), un récit fleuve et romanesque dans l’Oklahoma des années 1920 (Killers of the Flower Moon), un drame atmosphérique à Madagascar au début des années 70 (L’Île rouge) : ces quelques essais récents partagent une tendance aux détours — qu’ils soient esthétiques, narratifs ou temporels — pour aborder la question. En bref, regarder le contemporain par l’ailleurs : un ailleurs situé dans le passé chez Scorsese et Campillo, ou au conditionnel chez Serra. C’est également dans cette forme conditionnelle que s’ancre, à première vue, Le Rire et le Couteau, nouveau long-métrage de Pedro Pinho, suivant Sergio, un jeune ingénieur portugais envoyé dans une ville fictive de Guinée-Bissau pour rédiger un rapport d’impact préalable à la construction d’une route traversant la région.

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Tardes de soledad

Actuellement au cinéma

© Dulac Distribution

Tardes de soledad s’ouvre avec une séquence de nuit : des taureaux, dans un champ, fixent la caméra. Leurs pupilles brillent, leurs cornes blanches se détachent du fond noir et leur souffle solide rassure autant qu’il inquiète. Albert Serra redonne au taureau une dimension mythologique : l’animal et la nuit ne font qu’un. Et la corrida est un rituel de sacrifice. Or le principe du sacrifice n’est autre que de verser le sang pur pour laver les péchés de ceux qui tuent. 

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Coup de foudre

Festival Lumière 2024

© Festival Lumière

Dans son troisième long-métrage, Coup de foudre, Diane Kurys déploie dans une veine autobiographique (que l’on retrouvait déjà dans Diabolo Menthe) le vécu de sa propre mère, d’origine juive, internée au camp de Perpignan en 1942. 

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Trotacalles

Festival Lumière 2024

© Festival Lumière 2024

Matilde Landeta est une des (trop nombreuses) cinéastes oubliées du champ cinématographique international. Dans son troisième long-métrage, la réalisatrice mexicaine reste fidèle aux questions féministes qui sillonnent l’ensemble de son parcours. 

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Rencontre avec : Philippe Lesage & Arieh Worthalter

© FEMA

Philippe, vos films sont très souvent autobiographiques mais au sein même de ce cadre, on retrouve des thèmes récurrents ; comme la découverte du désir et du sentiment amoureux à l’adolescence. Pourquoi revenez-vous sans cesse à ces moments ? Qu’essayez-vous de capter, voire de comprendre ?

Philippe Lesage : Effectivement, peut-être que j’essaye de comprendre quelque chose qui m’échappe toujours. Mais j’aime bien avoir un peu de distance par rapport aux moments que je vais mettre en scène. D’ailleurs, dans mon prochain film, les personnages seront plus vieux ; ça monte toujours un peu en âge. Dans Comme le feu, ce qui est différent, c’est qu’ils sont confrontés à des adultes. Dans la jeunesse, ce qui m’interpelle c’est cette idée d’avenir : on arrive plein d’optimisme, d’idéalisme et on vit de grandes émotions pour la première fois, le sentiment amoureux étant peut-être celui qui nous déstabilise le plus. Et, malgré toutes les désillusions, toutes les déceptions, on continue de tendre la main aux adultes mais ils ne nous aident pas, au contraire, ils essayent de nous écraser, de nous punir. Dans mes films, il y a souvent cet ordre patriarcal très oppressant, destructeur pour les plus jeunes. Et j’espère que mes jeunes personnages vont être capables de rester intactes, de vouloir aimer sans chercher à se protéger. Car toutes les petites déceptions on les garde avec nous. On peut alors décider de vivre comme les personnages adultes du film, c’est à dire dans le regret, dans l’insatisfaction ou bien on garde ces déceptions en soi et on essaye d’en faire quelque chose de créatif, de beau, de porteur.

Arieh, est-ce cet élément qui vous a plu dans le cinéma de Philippe et qui vous a donné envie d’en faire partie ?

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Camping du lac

Champs-Elysées Film Festival 2024

© Norte Distribution

Un personnage dont on ne sait (et saura) rien conduit vers l’Ouest, espérant arriver jusqu’à la mer. Le film d’Eléonore Saintagnan est baigné d’une lumière estivale, mais la température monte si vite que de la fumée commence à s’échapper du capot… À défaut de la mer, la protagoniste se retrouve coincée au bord d’un lac.

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Oh, Canada

Actuellement au cinéma

© ARP Séléction

Dans Oh, Canada, Paul Schrader offre à ses personnages torturés un regain d’humanité. Dans les derniers moments de sa vie, le grand documentariste Leonard Fife accepte de se confier devant la caméra de deux de ses anciens élèves. Il profite de cette mise en scène pour révéler à sa femme les secrets de sa jeunesse.

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Silver Haze

Festival Chéries-Chéris 2023

© The Jokers Films

Sacha Polak traite dans Silver Haze des liens familiaux, amicaux ou amoureux, tous confondus. Comment accueillir ou se protéger de ces confrontations incessantes, parfois apaisantes, parfois harassantes ? Et comment préserver cette capacité à s’abandonner lorsque l’esprit a été brisé et le corps broyé ?

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Les Petites Marguerites

Arras Film Festival 2023

© Malavida

Les repas sont sans doute les moments de notre quotidien régis par plus de règles. D’ailleurs, l’un des premiers commandements de bienséance en société que l’on apprend n’est-il pas « tu ne joueras point avec la nourriture » ? Vera Chytilova offre à ses personnages un moment de rébellion régressif, pour mettre à mal la notion de décence et révéler son interprétation parfois, justement, enfantine. Car lorsque certains traitent mieux leur nourriture que leurs congèneres, l’humanisme se perd au service des conventions. Quoi de pire que des jeunes femmes qui se tiennent mal à table ?

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Slow

Prochainement

© Arras Film Festival 2023

Il y a le sexe, l’amour et tout ce qu’il y a entre les deux. Slow débute et termine par le sexe, entre les deux : l’amour. Elena est danseuse contemporaine et vit une sexualité décomplexée et fréquente. Dovydas est interprète en langue des signes et asexuel. Marija Kavtaradze filme l’éclosion du sentiment, la cohabitation des désirs et la construction de la relation. L’asexualité n’est jamais obstacle à surmonter ou défaut à gommer. C’est un état de fait avec lequel Elena compose son couple et à partir duquel Marija Kavtaradze choisit de construire son intrigue.

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