Marty Byrde, un banquier de Chicago, blanchit depuis plusieurs années de l’argent pour un cartel mexicain. Lorsque son associé se fait exécuter sous ses yeux, il décide de quitter la ville pour se réfugier dans les Ozarks. Au coin du lac, il emménage avec sa famille et n’a pas d’autre choix que de continuer à travailler pour le dangereux baron de la drogue. À peine installé, il doit apprendre à jongler entre les menaces venant des habitants locaux, du cartel et du FBI.
La réalisation d’un film biographique consacré à un metteur en scène est un exercice délicat. La tendance, aussi rare soit-elle, se divise entre deux pôles. D’un côté, s’emparer d’une figure célèbre immédiatement identifiable, à la carrière mondialement reconnue et décisive dans l’histoire du cinéma. C’était le cas de Chaplin de Richard Attenborough (1992) ou d’Hitchcock de Sacha Gervasi (2012). De l’autre, il s’agit ressusciter le souvenir d’un oublié qui bénéficie du statut de réalisateur culte grâce à un nanar adulé par une communauté de fidèles. Par ordre de réussite, citons Ed Wood de Tim Burton (1994), Dolemite is my name de Craig Brewer (2019) et The Disaster Artist de James Franco (2017). Alors, comment recevoir cet étonnant biopic consacré à Michael Curtiz, au moment où celui-ci tournait Casablanca ? Ce premier film hongrois fait en effet vriller la véracité de ces deux catégories. Il raconte un moment de la vie d’un réalisateur à la personnalité méconnue, qui ne bénéficie pourtant pas d’un capital attachant, ni d’une filmographie facile à appréhender.
La nouvelle création Netflix nous propulse dans une Vienne gothique du XIXème siècle. Dans ce lieu apparemment propice aux criminels fous, aux chambres de torture sur les quais de rivières, aux célébrations sataniques et aux complots politiques déjantés, un jeune Sigmund Freud arrive à la recousse.
Une tour d’au moins deux cents étages appelée « La Fosse ». Deux prisonniers à chaque niveau. Un large buffet tracté de haut en bas, permettant aux premiers étages de se rassasier et laissant les étages inférieurs affamés… La découverte du monde de La Plateforme, littéralement Le Trou en version originale (El Hoyo), provoque une forme de sidération. Nous sommes ébahis et plongés, comme Goreng, le personnage principal, dans cet univers bien réglé dont on suppose rapidement toute la perversité.
Jarhead, vétéran de la marine, place toute sa désolation dans une violence qui ne cherche que le moment opportun pour exploser. La misère de son quotidien, la précarité de la situation de sa famille le poussent à convoiter la somme promise au vainqueur du « Donnybrook », un combat à mains nus organisé illégalement au milieu d’une forêt de l’Indiana.
Fernand Deligny (1913-1996), éducateur, écrivain et réalisateur en amateur, a œuvré toute sa vie en faveur des autistes pour lesquels il créa des lieux de vie adaptés. Le cinéaste Richard Copans réhabilite son histoire dans un documentaire conçu comme un voyage en images à travers le parcours de ce précurseur méconnu.
Daniel, 20 ans, rêve de rejoindre l’Église. Enfermé dans un centre de détention pour les jeunes, son casier judiciaire l’empêche de suivre cette vocation. Alors qu’il est envoyé à la menuiserie d’un petit village pour y travailler, il se fait passer pour un prêtre et prend rapidement la tête de la paroisse.
À chaque fois qu’un film semble détonner dans la filmographie d’un réalisateur, nous avons à tendance à chercher une bonne raison à ce changement, influencés par la théorie des auteurs. C’est le cas de Dark Waters. Pourquoi proposer à Todd Haynes, habitué des mélodrames incandescents (Loin du paradis, Carol), la réalisation de ce pur film-dossier qui retrace l’histoire vraie de Robert Bilott, un avocat ayant dénoncé les pratiques de l’entreprise de produits chimiques DuPont ?
« A gay fantasia on national themes » : le sous-titre d’Angels in America contient à lui seul toute la dualité et l’originalité de la pièce que Tony Kushner rédige en 1991, une œuvre à la fois fondamentalement fantastique et ancrée dans une réalité dévastatrice.Dans le New York des années 80, le SIDA ravage la communauté LGBT+. Dieu a quitté le paradis et, en son absence, les anges tentent de maintenir l’ordre en invoquant l’inertie. Prior Walter, un jeune homme atteint du virus, est désigné comme interlocuteur direct entre le paradis abandonné et les Hommes. Messager divin, il est chargé de mettre fin au progrès humain.
Dans Invisible man, le réalisateur Leigh Whannell reprend le héros du roman de H.G. Wells publié en 1897 pour le transposer dans un contexte actuel.Ce qui aurait pu faire office d’un énième remake s’avère être une relecture inhabituelle et intelligente du personnage mythique.