Rencontre avec : Fabian Stumm

Festival Chéries-Chéris 2023

© Michael Bennett

Scénariste, réalisateur et interprète du film Des os et des noms, Fabian Stumm était cette semaine à Paris pour présenter son premier long-métrage, dans le cadre du festival Chéries-Chéris.

Le film parle de l’art comme d’un exercice assez thérapeutique : il faut écrire, jouer et mettre en scène pour reprendre contrôle sur ses émotions et les extérioriser. Est-ce que faire ce film avait ce but là pour toi aussi ?

Exactement, oui. Je travaillais avant sur un sujet différent mais plus couteux et en temps de COVID difficilement réalisable. Je me suis donc dit qu’il serait sans doute plus simple de monter un film plus intimiste. Il se trouve que je sortais d’une rupture assez douloureuse et, même si ça n’était pas forcément conscient, avec le recul je réalise que j’ai fait ce film pour m’en remettre. J’ai eu cette envie, ce besoin de définir et de réfléchir à ces choses qui me font peur ou qui me font du bien. Ces choses de ma vie qui sont saines et celles qui sont plus fragiles. Je voulais aussi raconter l’histoire de deux hommes qui s’aiment et qui se parlent, qui discutent, qui communiquent beaucoup. En tant qu’homme queer, comédien, vivant à Berlin c’est une représentation du couple que je voyais assez peu, en Allemagne en tout cas.

Est-ce aussi pour ça que tu as voulu jouer le rôle principal, pour que le projet soit totalement cathartique ?

Au début, ça me faisait un peu peur de jouer ce rôle et j’ai remarqué que, dans ma profession, lorsque quelque chose me fait peur ou m’intimide c’est qu’il y a une nécessité de le faire. De comprendre pourquoi ça me fait peur. Ça m’intéresse beaucoup de voir à l’écran quelqu’un surmonter quelque chose. Généralement, c’est très difficile pour moi de me regarder jouer mais cette fois-ci, pour la première fois, c’était plus facile. Je crois que c’est parce que c’était très naturel, rien n’était forcé. Il n’y avait pas cette distance qui peut se créer lorsque, en tant que comédien, je veux plaire à un autre metteur en scène. Là je devais jouer quelque chose que j’avais déjà beaucoup travaillé avec Knut Berger. Et j’étais en adéquation avec mes envies, aussi bien en tant que cinéaste qu’acteur. 

Est-ce que le processus de casting est plus laborieux lorsque tu es à la fois réalisateur et acteur, car tu dois trouver non seulement des partenaires de jeu mais aussi des comédiens que tu prends plaisir à filmer ?

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Edelweiss (France Fascisme)

Théâtre de l’Odéon

© Jean-Louis Fernandez

Les pièces de Sylvain Creuzevault sont comme le monstre de Frankenstein. Elles forment un assemblage textuel et visuel qui, en dépit de ses aspérités, parvient parfois à devenir un tout organique, cohérent et, plus encore, vivant. S’il y avait pléthore de ces moments de vie miraculeux dans sa production des Frères Karamazov, ils se font dans Edelweiss (France Facisme), plus rares.

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1983

Théâtre Gérard Philippe

© Théâtre Gérard Philippe / Compagnie Nova

Après Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre et Et le cœur fume encore, Alice Carré et Margaux Eskenazi nous livrent le dernier volet du triptyque « Écrire en pays dominé ». Les trois spectacles interrogent les identités liées à l’histoire française : identités abusées, laissées de côté et négligées depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui. 1983 clôt ce questionnement en s’adressant tout particulièrement aux héritiers de l’immigration.

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Ce qu’il faut dire

MC93

© MC93

Sur scène, quatre comédiens se succèdent pour s’adresser directement au public sur ce que l’histoire officielle, l’histoire modelée par l’idée de nation française, a tu. Le discours proclamé est absent des livres d’histoire, dissimulé par l’idéal utopique d’un peuple uni. L’objectif de la pièce est alors clair : réhabiliter les mémoires et montrer le revers de la victoire. Les colonisés, les tirailleurs, les ségrégués sont les grands oubliés de la France triomphante. Au fil des voix qui se délient, une question est alors posée : Comment trouver la fraternité quand les oppresseurs des uns sont les héros des autres ?

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Les Frères Karamazov

Théâtre de l’Odéon

© Simon Gosselin

Sylvain Creuzevault poursuit son cycle dostoïevskien en transposant sur scène le roman Les Frères Karamazov. Le metteur en scène en propose une réécriture délibérément outrancière et une relecture profondément moderne; et – contre toutes attentes, admettons-le – cela fonctionne diablement bien.

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Le tambour de soie

Nanterre-Amandiers

© Théâtre Nanterre-Amandiers

Sur le modèle du théâtre nô, forme artistique patrimonialisée du Japon, Kaori Ito et Yoshi Oïda nous livre une fable délicate et poétique, toute en image. L’histoire, c’est celle d’un vieux balayeur et d’une danseuse. Il tombe amoureux d’elle, mais elle est trop belle, trop jeune pour lui. Elle accepte de le suivre à condition qu’il la fasse danser sur un tambour. Le tambour qu’elle lui donne est revêtu de soie, ce qui rend la tâche impossible.

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Les Amandiers

Au cinéma le 16 novembre 2022

© Ad Vitam

Le film s’ouvre sur une femme étranglée par un homme. Les insultes, menaces, déclarations d’amour pervers fusent, et entre les explosions de larmes et de cris s’intercalent, impitoyablement silencieux, les visages du jury. Nous sommes au concours d’entrée des Amandiers, Graal de tous les jeunes comédiens d’Europe, école que Valeria Bruni-Tedeschi a autrefois fréquenté et à laquelle elle rend ici hommage, à mi-chemin entre le souvenir fiévreux et la fiction.

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Cabaret de l’Exil : Irish Travellers

Zingaro / Fort d’Aubervilliers

© Hugo Marty

À Zingaro, le bois et la terre résistent encore et toujours face au goudron et au béton d’Aubervilliers. Dans le foyer, les spectateurs se réunissent pour assister à ce deuxième volet du Cabaret de l’Exil ; au programme whisky et Baileys. 

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